La littérature égyptienne : les textes religieux

 
 

Les textes religieux

Les Guides de l'Au-Delà

Les premières grandes œuvres littéraires égyptiennes furent composées dans une intention essentiellement magico-religieuse.

Les Textes des Pyramides

Extrait du texte des pyramides Tel est le cas des "Textes des Pyramides" de l'Ancien Empire qui apparaissent pour la première fois dans la pyramide d'Ounas, dernier roi de la Ve dynastie. Il s'agit d'un amalgame d'incantations liturgiques et de formules funéraires, gravées en longues colonnes d'hiéroglyphes très soignés dans les chambres sépulcrales et les couloirs des pyramides à la fin de la Ve et de la VIe dynastie.
Certains passages décrivent le rituel des funérailles et des offrandes, indispensables pour assurer la résurrection du pharaon et son entrée dans le monde des dieux ; d'autres sont des formules de protection contre les êtres maléfiques.

Comme il est beau de voir le roi,
le front ceint comme celui de Rê,
vêtu de son pagne comme Hathor,
sa plume étant comme la plume du faucon
- tandis qu'il s'élève vers le ciel,
parmi ses frères les dieux
...
Comme elle est belle la vision,
comme elle est élevée la contemplation de ce dieu
lorsqu'il monte au ciel,
comme monte au ciel son père Atoum.
Son ba est au-dessus de lui,
ses charmes magiques à son côté,
et la crainte qu'il inspire à ses pieds.

Extrait des Textes des Pyramides.
Traduction de Claire Lalouette

Ce recueil de textes, généralement courts, n'était pas fixé de façon stricte : d'une pyramide à l'autre, on note de nombreuses variantes, additions ou suppressions.



Les Textes des Sarcophages

L'affaiblissement du pouvoir central, à partir de la Première Période Intermédiaire, va permettre à de grands personnages du royaume de s'approprier les textes auparavant réservés au pharaon qu'ils font représenter sur les parois de leur sarcophage de bois. Ces "Textes des Sarcophages" où le dieu prédomine, témoignent du désir du défunt de poursuivre la vie terrestre dans l'au-delà.

Salut à vous, ô dieux de l'Occident.
(Le défunt) est venu pour vous saluer.
(Le défunt) connaît vos noms et connaît vos apparences.
Permettez donc que (le défunt) puisse goûter la paix parmi les possesseurs de kas,
qu'il puisse s'asseoir et se reposer, muni de nourriture.

(Le défunt) a pratiqué la Vérité et la justice,
il abomine le mal et ne l'a jamais vu.
Puisse donc (le défunt) mener la barque divine de Rê,
dont le trône est bien pourvu.
(Le défunt)est aussi l'un de ceux qui accompagnaient Horus...

O vous qui présidez à l'au-delà souterrain
et qui gardez les portes
faites un bon chemin afin que (le défunt) puisse entrer,
adorer Osiris et devenir lui-même, à tout jamais, un dieu.

Extrait des Textes des Sarcophages.
Traduction de Claire Lalouette


D'autres recueils du Moyen Empire, comme le "Livre des deux Chemins", le "Livre de l'Amdouat", le "Livre des Portes" ou le "Livre des Cavernes", servent aussi de guides funéraires et décrivent la course nocturne du soleil.



Le Livre des Morts

Le jugement du mort

Au Nouvel Empire, les "Formules pour monter dans le jour" que nous traduisons assez paradoxalement par "Livre des Morts", faisant intervenir deux garants de la vie éternelle, et Osiris, se composent de formules magiques, d'incantations, d'allusions mythologiques, de complexes descriptions de l'autre monde destinées à faciliter la progression du défunt et à lui donner les moyens de survivre dans l'Au-delà.

Écrites sur un papyrus placé auprès de la momie voire sur les bandelettes, ces formules étaient accompagnées de superbes vignettes peintes renforçant, par la magie de l'image, la puissance de l'écrit.

Quant aux traités théologiques composés à différentes époques par les prêtres des centres religieux majeurs (Héliopolis, Hermopolis), ils avaient un caractère plus technique que littéraire, tout comme la transcription des mythes (cosmogonies, grandes légendes divines).



Poésie sacrée et hymnes aux dieux

En revanche, les innombrables hymnes divins, témoins de la ferveur religieuse, sont d'une haute qualité artistique : ils glorifient le soleil, le Nil, Osiris, Amon, Min, Thot, Khnoum ou Sobek.
Parmi les plus extraordinaires, l'Hymne à Aton d'Akhénaton.


Imprimer la page Moteur de recherche Site : mode d'emploi Pour m'écrire Retour à la page d'accueil Retour à la page précédente Vers la page suivante