Les chants d'amour

La poésie lyrique se perpétue dans les grands hymnes et les chants cultuels consacrés aux dieux et au roi.
Mais le quotidien des paysans et des bergers produisait aussi sa poésie : de petits chants accompagnaient le travail.
C'est seulement au Nouvel Empire, période de grande prospérité, et tout particulièrement à l'époque ramesside, que les élans poétiques, personnels et libres prennent toute leur dimension et qu'apparaissent les chants d'amour.
Plusieurs de ces poèmes figurent parmi les chefs-d'œuvre de la littérature universelle.
Ils étaient probablement récités lors de banquets, avec un accompagnement musical de flûte et de harpe.

Riche d'images, la poésie d'amour égyptienne transcrit moins l'élan d'âme d'un poète qu'elle n'exprime le duo amoureux : l'amoureux, le "frère" s'exprime, la "sœur" lui répond.

Des dialogues pleins de fraîcheur et de fantaisie développent tous les thèmes de la vie amoureuse.

La description des parties du corps de la bien-aimée :

La bouche de ma sœur est un bouton de lotus,
Ses seins sont des pommes d'amour,
Ses bras sont des étaux,
Son front est le cerceau de l'acacia,
Et moi je suis l'oie sauvage.
Mes regards montent vers sa chevelure, un appât,
Et je suis pris dans le piège.
Extrait du Papyrus Harris 500
Traduction de Claire Lalouette

L'union avec la nature qui, sous la forme d'un étang, d'un jardin, du fleuve, se fait complice de l'amour et le dissimule :

Promenade au jardin



Je suis le plus bel arbre du jardin,
Et, en tous les temps, je demeure.
La bien aimée et son frère
Se promènent sous mes branches,
Ivres de vins et de liqueurs,
Imprégnés d'huile et d'essences odorantes.

Extrait du Papyrus de Turin
Traduction de Claire Lalouette



Les supplications devant la porte de l'amante, les lamentations à l'approche de l'aurore qui sonne l'heure de la séparation, l'indifférence du bien-aimé, le désespoir et le mal d'amour :

Le malheur me submerge,
Tous mes membres sont lourds,
Mon cœur me délaisse.
Si les médecins viennent (me voir),
Mon cœur rejettera leurs remèdes.
Les magiciens sont impuissants,
Mon mal ne peut être décelé.
Mais si l'on me disait :
"Elle est ici ", cela me rendrait la vie,
Son (seul) nom me ferait lever.
Papyrus Chester Beatty
Traduction de Claire Lalouette.


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