Présentation : la littérature

S'il est légitime de se demander quelle civilisation a inventé et employé l'écriture pour la première fois comme moyen d'échange, en revanche on peut affirmer que c'est dans la Vallée du Nil que fut créée la plus ancienne littérature attestée à ce jour.

Pour une si longue durée, il n'est pas aisé de reconstituer la masse littéraire, nos connaissances restant tributaires des découvertes archéologiques : la plupart des richesses de la littérature égyptienne restent inconnues. Les textes "religieux" gravés souvent dans la pierre des temples et des tombes sont parvenus jusqu'à nous en assez grand nombre ; mais combien d'œuvres transcrites sur des rouleaux de papyrus, matériau fragile par excellence, sont totalement perdues. Certaines sont attestées par de simples allusions, d'autres ne sont connues que par d'infimes fragments de papyrus ou par des copies d'écoliers sur des ostraca.

Il existait des bibliothèques privées, comme en témoigne un coffre retrouvé près de Thèbes, qui contenait les rouleaux de papyrus d'un prêtre de la XIIIe dynastie. Mais la vie littéraire dépendait essentiellement des écoles, ces "Maisons de Vie" rattachées aux palais et aux temples et qui faisaient office d'université : les écrits théologiques, les "livres divins" et les travaux scientifiques y étaient composés et copiés. Quant aux "Maisons des Livres", elles servaient d'archives et de bibliothèques.

La langue égyptienne est classée dans la famille des langues afro-asiatiques : les éléments du substrat nord-africain ont été mis en forme dans un cadre sémitique. Comme pour l'ensemble des langues de cette famille les voyelles ne sont pas notées : l'écriture hiéroglyphique n'offre que le squelette consonantique des mots. Il est ainsi fort difficile de juger des effets littéraires et d'approcher les jeux de la poésie. Il semblerait que, dans l'ensemble, les textes littéraires égyptiens aient une forme métrique reposant sur un jeu mélodieux d'allitérations et d'assonances. Notre distinction entre prose et poésie peut donc apparaître factice.

La classification en genres littéraires, bien commode pourtant, est arbitraire. La fonction de cette littérature est très différente de notre littérature moderne. Il n'est point "d'art pour l'art" : ni création gratuite, ni expression individuelle, la littérature égyptienne, véhiculée par les scribes, servait de lien entre le monde divin et le monde humain et traduit les valeurs et les idées de la société pharaonique.


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