L'obélisque de Montecitorio


Dans l'Antiquité

L'obélisque de granit rouge de la Piazza di Montecitorio, haut de près de 22 mètres (29 mètres de sa base au globe qui le surmonte) et pesant 230 tonnes, a été construit sous du règne de Psammétique II (XXVIe dynastie) pour être érigé à Héliopolis.
Les inscriptions hiéroglyphiques, bien que fortement endommagées, ont conservé la titulature du roi :

"L'Horus d'Or, qui rend le Double Pays parfait, aimé d'Atoum seigneur d'Héliopolis, le Roi de Haute et de Basse Égypte, Neferibrê, aimé de Rê-Horakhty, le fils de son propre corps, qui porte la Couronne Blanche et qui unit la Double Couronne, Psammétique, aimé du maître d'Héliopolis."

En 10 av. J.-C., Auguste le fit transporter à Rome en même temps que l'obélisque flaminien :

"Quant à cet obélisque que le divin Auguste plaça au Cirque Maxime, il fut taillé sous le règne de Psammétique, durant lequel Pythagore était en Égypte, ; il a 85 pieds et un empan, sans compter la base tirée du même bloc de pierre ; et celui qui se trouve au Champ de Mars, plus petit de 9 pieds, (il fut élevé) sous (le règne de) Sésothès. Ils portent tous les deux des inscriptions (relatives à) l'interprétation de la nature d'après la philosophie des Égyptiens.
Pline, Histoires Naturelles, XXXVI, 71, traduction Corinne Smeesters

Pline a vraisemblablement confondu l'obélisque du cirque Maxime datant de Ramsès II (appelé Sesothis ou Sesosthès par les Grecs) qui se trouve aujourd'hui sur la Piazza del Popolo avec celui du Champ de Mars de Psammétique II.


Il le plaça au Champ de Mars afin de commémorer sa victoire sur l'Égypte :



IMP CAESAR DIVI F
AVGVSTVS
PONTIFEX MAXIMVS
IMP XII COS XI TRIB POT XIV
AEGYPTO IN POTESTATEM
POPVLI ROMANI REDACTA
SOLI DONVM DEDIT


"L’imperator César Auguste, fils du divin (César), grand pontife, salué imperator 12 fois, consul 11 fois, revêtu de la puissance tribunicienne pour la 14ème fois, après la soumission de l’Égypte à la puissance du peuple romain, a fait don (de cet obélisque) au Soleil."


Le monolythe, posé sur un piedestal de granit, servit alors d'aiguille (gnomon) à un immense cadran solaire : l'Horologium d'Auguste.

"De celui qui se trouve au Champ de Mars, le divin Auguste fit une utilisation surprenante : à partir de l’ombre créée par le soleil, il marque les longueurs des jours et des nuits. On plaça un pavage de pierre à la distance voulue en fonction de la hauteur de l’obélisque pour que l’ombre le touche à midi le jour du solstice d’hiver, puis pour qu’elle touche progressivement des marques de bronze, scellées dans le pavage, au fur et à mesure que l’ombre croissait et décroissait jour après jour. Intéressant sujet d’étude mené par le mathématicien Facundus Novus. Celui-ci plaça au sommet de l’obélisque une boule dorée, au-dessus de laquelle l’ombre se concentrait sur elle-même, faute de quoi l’ombre du sommet se serait démesurément étendue. On dit qu’il en découvrit le principe en observant l’ombre de la tête humaine."
Pline, Histoires Naturelles, XXXVI
traduction tirée des Noctes Gallicanae de Alain Canu.

À l'Époque Moderne

On ignore à quelle époque l'obélisque s'écroula.

Il fut redécouvert au début du XVIe siècle et redressé en 1587 sur l'ordre du pape Sixte Quint. Mais le mauvais état dans lequel il se trouvait fit qu'il s'effondra à nouveau.

Ce n'est que deux siècles plus tard, sous le pontificat de Benedict XIV (pape de 1740 à 1758), qu'il fut restauré à l'aide de fragments de granit de la colonne Antonine puis érigé non loin de son emplacement d'origine sur la Piazza di Montecitorio.



Photographies




Pour en savoir plus...

Le plan de Rome : Maquette et reconstitution 3D du cadran solaire d'Auguste


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