L'obélisque St-Jean de Latran


Dans l'Antiquité

C'est Thoutmosis IV qui fit ériger dans le temple de Karnak l'obélisque unique, le tekhen wâty, à l'est de l'Akh-Ménou, achevant ainsi un projet commencé sous Thoutmosis III. Haut de plus de 33 mètres, ce monolithe de granit rouge est le plus grand obélisque connu encore debout aujourd'hui et le plus ancien de Rome.

L'empereur Auguste pensa l'emmener à Rome mais abandonna le projet, visiblement par sentiment religieux si l'on s'en tient aux propos de Ammien Marcellin :

"Et parce que les flatteurs, qui gonflaient (d'orgueil) Constance selon leur habitude, bourdonnaient sans mesure qu'Octave Auguste avait fait transporter deux obélisques de la cité égyptienne d'Héliopolis, dont l'un se trouve au Cirque Maxime, l'autre au Champ de Mars, mais qu'effrayé par les difficultés (causées par) sa taille, il n'avait osé ni toucher ni déplacer celui qui a été récemment amené. Que ceux qui l'ignorent apprennent que, si cet ancien empereur, après en avoir transporté d'autres, a laissé celui-ci intact, c'est parce que, dédié au dieu soleil en une offrande particulière et fixé dans le sanctuaire d'un temple imposant, (sanctuaire) auquel on ne pouvait accéder, il se dressait comme le sommet de l'ensemble".
Ammien Marcellin, Historiae, Liber XVII, IV, 12, traduction Corinne Smeesters

L'obélisque fut déplacé jusqu'à Alexandrie sur l'ordre de l'empereur Constant mais c'est son successeur Constance II qui l'emmena à Rome en 357 où il fut érigé au Cirque Maxime.

Son transport à Rome et son érection par Constance II sont relatés par Ammien Marcellin ainsi que sur une inscription gravée sur les côtés de sa base aujourd'hui disparue :

(13) Mais Constantin, qu'un scrupule semblable touchait peu, ou qui pensait avec raison ne porter aucune atteinte aux idées religieuses en enlevant cette merveille d'un temple particulier, pour en faire la dédicace à Rome, temple de l'univers entier, commença par déplacer ce monument, qu'il laissa couché, en attendant que les préparatifs du transport fussent terminés. Conduit ensuite par le Nil, l'obélisque fut déposé sur le rivage à Alexandrie, où l'on construisit exprès un navire de proportions inusitées, et qui devait être mû par trois cents rameurs.
(14) Mais le prince mourut dans l'intervalle, et l'opération languit. Ce ne fut que longtemps après que cette masse, enfin embarquée, traversa la mer et remonta le Tibre, qui semblait craindre que le volume de ses eaux ne suffît pas à convoyer jusqu'à la ville qu'il arrose ce présent d'un fleuve inconnu. Arrivé au bourg d'Alexandrie, à trois milles de Rome, l'obélisque fut hissé sur des rouleaux, et lentement introduit, par la porte d'Ostie et l'ancienne piscine publique, jusqu'à l'esplanade du grand cirque.
(15) Il s'agit alors de l'ériger, ce qui était réputé peu praticable, sinon impossible. Dans ce but, on éleva, non sans danger, une forêt de hautes solives, au sommet desquelles venait s'assujettir une multitude de longs et forts câbles, serrés comme les fils de la chaîne d'un tisserand, et formant un rideau assez épais pour dérober la vue du ciel. À l'aide de cet appareil, et des efforts de plusieurs milliers de bras imprimant de concert à la machine un mouvement analogue à celui de la meule supérieure d'un moulin, cette espèce de montagne, dépositaire des rudiments de l'écriture, insensiblement se soulève, et, suspendue quelque temps dans l'espace, prend enfin son assiette au milieu du sol. L'obélisque fut d'abord surmonté d'un globe d'airain, revêtu de lames d'or. Mais cet ornement ayant été frappé de la foudre, on y substitua une torche du même métal, dont la flamme, également figurée en or, produisait d'en bas l'effet d'une gerbe de feu.
Ammien Marcellin, Historiae, Liber XVII, IV, 13-15, traduction Itinera Electronica

À l'Époque Moderne

En 1587, il fut retrouvé brisé en trois morceaux et dégagé lors des fouilles du Cirque Maxime. Sixte Quint le fit restaurer pour le placer sur son site actuel, devant l'Église de Saint Jean du Latran.


Photographies


Retour à la carte de Rome

Imprimer la page Moteur de recherche Site : mode d'emploi Pour m'écrire Retour à la page d'accueil Retour à la page précédente