La vie musicale

Le peuple égyptien a été passionné de musique, de chant et de danse. Sans aucun doute, il compta des musiciens accomplis, connaissant une vie musicale intense, religieuse surtout, mais aussi profane.

La musique sacrée

Stèle de Sekhensef-ankhL'art musical était donc essentiellement religieux et jouait un rôle important dans la vie des temples.

On trouve dans les tombes privées, comme dans les peintures et reliefs des temples, de nombreuses scènes représentant un musicien devant le dieu. Il n'est pas rare de voir le pharaon chanter devant la statue d'une divinité et communiquer avec elle par le chant accompagné d'instruments.

"Le pharaon vient pour danser ;
Il vient pour chanter.
Dame souveraine, vois comme il danse !
Épouse d'Horus, vois comme il saute."
Hymne à Hathor, traduction de Georges Posener, Dictionnaire de la civilisation égyptienne.


Procession cultuelleLes trois services quotidiens du dieu étaient ponctués de récitations, de psalmodies et de morceaux chantés.
Au cours des "sorties du dieu" durant lesquelles la statue du dieu, enfermée dans une petite chapelle posée sur une barque, quittait le temple, des prêtres suivaient la procession en psalmodiant, accompagnés de l'orchestre sacerdotale.

Chanteurs, danseurs et musiciens intervenaient non seulement lors des fêtes propres à chaque sanctuaire mais également à l'occasion de festivités mêlant sacré et profane comme celles en rapport avec les événements de l'année agricole, celles organisées en souvenir d'épisodes de la vie des dieux ou encore celles célébrant un événement marquant dans le règne du pharaon tel son jubilée ou fête Sed.

Le personnel du temple comprenait donc des spécialistes dont le rôle semble avoir crû avec le temps.
Au départ, il s'agissait principalement de personnes d'origine modeste mettant leurs talents artistiques au service du clergé qui, en contrepartie, leur assurait nourriture et sécurité.
Plus tard, selon Clément d'Alexandrie, les chanteurs ou "hymnodes" firent partie des prêtres supérieurs et bénéficièrent d'une brillante situation sociale.
Quant aux femmes, chanteuses, danseuses et musiciennes, leur présence dans les temples est à peu près constante.

La musique profane

Joueur de flûte, tombe de MennaDans la vie quotidienne, la musique et le chant accompagnaient les diverses activités des Égyptiens.

Le berger conduit son troupeau en s'accompagnant d'une flûte et profite d'un instant de détente pour jouer une mélodie à l'ombre d'un arbre. Des scènes de chasse nous montrent des femmes utilisant leur tambourin pour débusquer les oiseaux cachés dans les broussailles. Moissonneurs, vendangeurs et ouvriers se donnent de l'ardeur au travail en reprenant en chœur un air entonné par un chanteur, parfois accompagné d'un ou deux musiciens.

Concerts et danses agrémentaient également les fêtes de village organisées à l'occasion par exemple, des naissances et des mariages, ainsi que les banquets si souvent représentés sur les murs des tombeaux.

Dans le domaine militaire, les trompettes et tambours de forme cylindrique servaient à rassembler les troupes et à marquer le pas des soldats. Ces instruments aux capacités mélodiques limitées, accompagnés de planchettes entrechoquées ou simplement du battement des mains des soldats, rythmaient également les processions et les manifestations publiques.

La danse

La danse elle aussi bénéficiait d'une faveur toute spéciale.

Sous l'Ancien Empire, la musique instrumentale était avant tout réservée aux hommes. Un orchestre constitué de harpistes et de flûtistes accompagnait le chanteur ou s'ajoutait aux claquements des doigts, aux battements des mains et aux instruments rythmiques qui marquaient la cadence des pas des danseurs.

Danseuses et musiciennes, Ancien EmpireLes reliefs de cette époque évoquent une musique douce et raffinée. Les danses semblent, elles aussi, calmes et décentes.
Des femmes effectuaient une marche simple ou se tenaient sur la pointe des pieds, les bras en corbeille au-dessus de la tête ou levés de manière oblique.
D'autres danses étaient plus compliquées et avaient probablement une fonction rituelle, telle la danse funéraire des Mouhous, exécutée par des hommes coiffés d'une curieuse couronne végétale.
Enfin, certaines chorégraphies peuvent être qualifiées de véritables tableaux vivants. Une scène du Moyen Empire représente cinq jeunes filles transposant en une gesticulation acrobatique "La chanson des quatre vents" dont le texte nous est connu par des recueils de formules religieuses.

Le pagne d'homme semble avoir été le costume ordinaire des danseuses de l'Ancien et du Moyen Empire. Colliers, bracelets, anneaux de cheville et couronnes de fleurs agrémentaient parfois leur tenue. Quand elles n'avaient pas les cheveux courts, ceux-ci étaient lestés d'un poids afin qu'ils produisent de séduisantes oscillations.

Au Nouvel Empire, la musique se fit plus vive et plus forte, les instruments , importés pour la plupart des provinces asiatiques, se diversifièrent et se perfectionnèrent. Ce sont alors les femmes, le plus souvent, qui accompagnaient le chant de leurs instruments : une grande harpe, deux luths (ou un luth et une lyre) et une double flûte constituaient l'orchestre type de l'époque.
Danseuse, Nouvel EmpireLes danseuses abandonnèrent le pagne court et étaient vêtues de longues robes de toile transparente ou, parées d'une riche perruque, de colliers et de boucles d'oreilles, n'avaient pour tout vêtement qu'une étroite ceinture.

Les danses se firent plus turbulentes : frappant sur leur tambourin, agitant des castagnettes ou claquant simplement dans leurs mains, les jeunes filles tourbillonnaient et exécutaient des mouvements rapides et acrobatiques.


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