La notation musicale

Une véritable écriture musicale représentant les sons et les rythmes comme le font les partitions modernes n'est pas encore connue à ce jour pour l'Égypte ancienne.
Hans Hickmann a toutefois tenté de déceler dans les textes et les scènes musicales des traces de notations musicales : signes graphiques à vocation musicale ou, à tout le moins, signes mnémotechniques.
Il a ainsi pu mettre en évidence dans les scènes de l'Ancien Empire plusieurs signes chironomiques. Ces représentations ne nous donnent pas une suite de sons composant une mélodie mais rendent une situation au moment de l'exécution d'une sonorité déterminée et unique.
Hickmann note que, contrairement à nos orchestres modernes où un seul chef d'orchestre dirige l'ensemble des musiciens, dans la plupart des cas, l'artiste a pris la peine de représenter chaque musicien de l'orchestre accompagné de son propre chironome :

Musiciens et chironomes

Le fait que chaque chironome exécute le même geste doit signifier que l'ensemble de l'orchestre forme un unisson parfait. À l'inverse, les scènes dans lesquelles les gestes des chironomes sont distincts attestent de l'existence d'une musique polyphonique.

Certaines scènes musicales d'une tombe de Béni Hassan datée du Moyen Empire ne possèdent, pour toute légende, tracée près des chanteurs, que les signes alignés :

Montet souligne la possibilité d'un essai de transcription phonétique des vocalises d'un chant, terminant le récit d'une phrase ou d'une syllabe finale.
En effet, placé à la finale du mot, le double signe , remplacé quelques fois par le double trait Z4 , déterminatif du duel, pourrait évoquer un son prolongé, doublé.
De plus, ces signes sont également présents dans diverses exclamations et interjections, comme hy, dont la reproduction réitérée indiquerait une sorte de répétition employée dans un sens musical.
Un ensemble de trois hiéroglyphes (hnn) trouvé dans la tombe thébaine de Kherouef (Nouvel Empire) signifiant "jubiler, chanter" est écrit, de manière inexplicable avec deux n, comme si on avait voulu prolonger le son et appliquer un tremblé sur cette consonne. Les signes sp2, (signifiant "deux fois") qui suivent renforcent l'idée qu'il s'agit d'une indication musicale invitant le chanteur à répéter le trait mélodique précédent :

À partir du Nouvel Empire, les scribes prirent l'habitude d'utiliser comme marque de ponctuation, en hiératique, des points rouges complétés par , signe qui rappelle le battement de la mesure sur le genou ou la position normale du chironome avant ou après l'exécution. Pris dans un sens musical, il annoncerait ainsi une sorte de pause ou un intermède instrumental.

Cependant, qu'il s'agisse des gestes des chironomes, de vestiges de certaines lettres de l'alphabet ou d'autres signes graphiques, l'énumération de Hickmann n'apporte pas la certitude que les Égyptiens ont connu et développé une véritable écriture musicale. Peut-être qu'au hasard des recherches, peu nombreuses sur le sujet, et des découvertes archéologiques, comprendra-t-on mieux un jour leur système de notation.


Sources :
L'ensemble des informations de ce chapitre sont tirées de l'ouvrage de Hans HICKMANN, Musicologie pharaonique - Études sur l'évolution de l'art musical dans l'Égypte ancienne. Baden-Baden et Bouxiller, Editions Valentin Koerner, 1987.


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