6/6  

Écriture et fonctionnement : Le fonctionnement de l'écriture

3 contraintes spécifiques

Les règles de l'agencement des hiéroglyphes sont dictées par un grand souci esthétique.

Le calibrage

Les proportions des hiéroglyphes ne correspondent pas aux proportions réelles des êtres et des objets dont ils sont l'image.

Dans cette succession de signes (un ciseau de sculpteur, une chouette, une bouche et une pyramide), les proportions ne sont pas respectées.



La densité de l'agencement

Les hiéroglyphes sont disposés de manière à occuper le mieux possible l'espace alloué.
Ils sont répartis dans un carré imaginaire appelé «quadrat», l'esthétique primant parfois sur l'orthographe dans la disposition des signes.
Il n'y a pas de séparation entre les mots et les phrases.

Exemple:

L'orientation

Les signes hiéroglyphiques peuvent s'écrire horizontalement ou verticalement. Le sens de lecture le plus courant est de droite à gauche mais il peut également se faire de gauche à droite. Il est déterminé par la position des personnages ou des êtres animés qui regardent vers le début du texte.

Un changement d'orientation à l'intérieur d'une transcription permet de mettre en valeur un élément ou une partie de texte.

3 éléments de base

Une écriture figurative

Un hiéroglyphe est avant tout une image inspirée de l'environnement et de la vie quotidienne des Égyptiens.
Dès l'origine, ces signes étaient des pictogrammes et des idéogrammes et ils le sont restés durant toute l'époque pharaonique.

  • Les pictogrammes

  • La relation entre le signe et le concept qu'il représente peut être directe : l'objet dessiné et stylisé est employé comme «pictogrammes» et représente ce qu'il signifie.
    Pour indiquer qu'il s'agit d'un pictogramme, on ajoute un petit trait vertical à côté ou sous l'objet représenté :



  • Les idéogrammes

  • La relation peut aussi être indirecte, métonymique. L'objet est alors dessiné en fonction de l'idée qu'il évoque : la fonction est définie par l'organe, le tout par la partie, le dieu par son symbole.
    Pour écrire «Horus», le scribe dessine l'animal familier du dieu, le faucon; l'œil est associé aux notions de vue, de vision; le soleil à celles de jour, de temps, de durée.

    Le signe devient alors «idéogramme» :

    Les phonogrammes
    ou «signes-sons»

    Toutefois, ce système pose un problème lorsqu'il s'agit d'écrire des abstractions, des concepts qui ne peuvent être représentés par une simple image comme «se souvenir» ou «aimer», par exemple.
    Sans renoncer à la pictographie, l'écriture a recourt à deux systèmes additionnels : l'homophonie et le rébus graphique. On utilise alors l'image non pour signifier ce qu'elle représente mais pour sa valeur phonétique.

  • L'homophonie

  • Le signe de la bouche (r) est également utilisé pour écrire la préposition r signifiant «vers, jusqu'à, contre».

  • Le rébus graphique

  • Le nombre d'homophones étant réduit, le procédé s'est étendu aux mots composés où le scribe utilise deux ou plusieurs images qu'il accole l'une à l'autre.

    Les phonogrammes ou «signes-sons» se subdivisent en trois catégories :

  • Les unilitères

  • À chaque hiéroglyphe correspond un seul son. Il existe vingt-cinq unilitères.
    Ainsi, le signe de la bouche sera utilisé pour exprimer le son r, l'image du pain pour le son t, etc.

  • Les bilitères

  • À chaque hiéroglyphe correspond un radical (racine) à deux sons.

  • Les trilitères

  • À chaque hiéroglyphe correspond un radical (racine) à trois sons.

    Alors que la combinaison de ces signes aurait pu conduire à une véritable écriture phonétique, les Égyptiens, trop fidèles au caractère sacré de leur écriture, n'évoluèrent jamais complètement dans ce sens. Ils ont utilisé ces signes phonétiques pour confirmer ou pour redoubler les signes idéographiques et non pour les remplacer.

    Les déterminatifs

    Beaucoup de termes sont constitués d'un squelette de 3 consonnes, d'où un très grand nombre de mots à squelette consonantique identiques.
    Pour distinguer ces mots, les scribes ajoutent un idéogramme qui ne se prononce pas et qui a pour fonction d'indiquer dans quelle classe sémantique se range le mot qu'il détermine.

    Par exemple, les mots impliquant une notion de force sont suivis d'un bras armé. Les mots abstraits sont suivis d'un papyrus scellé.

    De plus, l'égyptien ne sépare pas les mots entre eux, il n'existe pas de blancs d'espacement. Le déterminatif a l'avantage de les délimiter dans la succession continue des signes d'écriture.
    Notons cependant à ce propos qu'à partir du Nouvel Empire, les scribes, pour indiquer les stiches des poèmes plaçaient des points rouges au-dessus de la ligne.

    Valeur magique et symbolisme de l'écriture

    Les signes hiéroglyphiques ont la possibilité de vivre, par leur simple lecture ou par des formules magiques. Certains signes, comme les animaux nuisibles, gravés dans les tombes constituent donc un danger pour le défunt. Ils sont alors représentés coupés en deux, amputés d'un membre ou le corps transpercé de couteaux. Dans les textes hiératiques, la représentation est moins fidèle donc moins menaçante. Le noir étant bénéfique et le rouge néfaste (c'est la couleur du dieu Seth), le scribe utilisera l'encre rouge pour écrire les mots nuisibles : en écrivant dans la couleur préférée du dieu redoutable, on se conciliait ses bonnes grâces.

    Procédés techniques

    L'équipement du scribe se compose d'un pinceau et d'une palette longue et étroite où étaient fixées des pastilles de peinture noire et rouge ainsi qu'un godet pour tremper le pinceau. Avec l'écriture démotique apparaît le calame : un roseau taillé.
    L'écriture hiératique est le plus souvent tracée sur papyrus ou sur des éclats de poterie ou de calcaire : les ostraca. Les hiéroglyphes sont gravés ou peints voire gravés et peints.
    Deux divinités président l'écriture : la déesse Seshat et le dieu Thot à tête d'ibis, le secrétaire des dieux et le patron des scribes.

    6/6

    Écriture et fonctionnement : page 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6

    Imprimer la page Moteur de recherche Site : mode d'emploi Pour m'écrire Retour à la page d'accueil Retour à la page précédente Aller à la page suivante