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Le déchiffrement : Les précurseurs

Les précurseurs

Dès le XVIIe siècle, plusieurs savants se penchèrent sur le déchiffrement des hiéroglyphes, certains préparant le travail de Champollion.

Nicolas Claude Fabri de Peiresc (1580-1637)

Nicolas Claude Fabri de Peiresc Collectionneur, passionné de sciences, ce notable d'Aix-en-Provence joua un rôle remarquable dans la diffusion des idées et des informations auprès des différents cercles d'érudits européens de son époque.

En 1620, il reçoit une petite stèle en fritte émaillée bleu turquoise provenant d'Alexandrie sur laquelle des personnages peints sont accompagnés de noms hiéroglyphiques. En 1626, divers papyrus lui sont également envoyés.
Collectionneur exigeant, Peiresc veut comprendre le sens des objets qu'il possède et montre alors une véritable passion pour les langues non déchiffrées. C'est dans ce but qu'il pousse l'abbé Kircher à s'attaquer au déchiffrement des hiéroglyphes et à traduire le copte dont il devine les liens avec l'écriture des anciens Égyptiens.



Athanase Kircher (1602-1680)

Athanase KircherProfesseur de philosophe, de mathématique et de langues orientales à l'université de Würzburg, à Avignon puis à Rome, le jésuite Kircher, poussé par Peiresc, décide de se consacrer à la recherche linguistique et archéologique.

En 1643 il donne, sous le titre de Lingua aegyptiaca restituta, le texte et la traduction d'un manuscrit arabe recueilli en Orient par Pietro della Valle. Il s'agit d'une scala (la Scala vat. copte 71), c'est-à-dire un lexique copto-arabe organisé en familles de mots, auquel s'ajoute un traité de grammaire. Il semblerait en fait que Kircher ait détourné à son profit le travail de publication que Thomas Obicini (Thomas de Novarre) avait entrepris avant lui.

Dans les années 1650, il propose une explication des inscriptions trouvées sur les principaux obélisques rapportés d'Égypte. Ce travail est regroupé dans quatre volumes de l'Oedipus aegyptiacus (1652-1654).
Kircher, qui se fonde sur l'œuvre d'Horapollon, semble croire à la nature mystique d'une écriture renfermant les doctrines occultes de la philosophie égyptienne, une série de symboles et d'emblèmes sous lesquels se cachaient de profonds mystères. Cette théorie condamna à l'échec toutes ses tentatives de déchiffrement et ses traductions se révélèrent rapidement inexactes.

Il ne faut pas perdre de vue qu'à cette époque, Rome, siège du catholicisme, tenait la langue biblique pour la plus ancienne de toutes et continuait à condamner les hiéroglyphes parce qu'ils véhiculaient des idées et des concepts qu'il fallait détruire.
Kircher savait que toute étude prouvant l'antériorité de l'écriture égyptienne l'exposait à l'anathème. En maintenant l'image sulfureuse d'une écriture associée à la magie et au paganisme, le jésuite ne remettait pas en cause la suprématie biblique.

Bernard de Montfaucon
(1655-1741)

Montfaucon abandonne le métier des armes pour entrer dans les ordres au monastère bénédictin de Toulouse où il apprend le grec, l'hébreu, le chaldéen, le syriaque et le copte.
Son Antiquité expliquée (1719) obtient un succès fulgurant et fait de lui un promoteur des études archéologiques égyptiennes. En remerciement, le duc d'Orléans l'inscrit parmi les membres honoraires de l'Académie des inscriptions.
À propos des hiéroglyphes, il déclare que leur déchiffrement ne sera possible que lorsque l'on disposera «d'inscriptions d'ancien égyptien répétées ensuite en grec».

William Warburton (1698-1779)

Bien que fils de procureur destiné à suivre les traces de son père, la passion de Warburton pour les lettres le pousse à entrer dans les ordres afin de pouvoir se consacrer entièrement à l'étude.
Une partie de son œuvre, La Divine mission de Moïse, consacrée aux recherches sur les hiéroglyphes, est publiée en 1738 et traduite en français six ans plus tard. Plus de septante ans avant Champollion, il y suggère la signification phonétique des hiéroglyphes.

Jean-Jacques Barthélemy
(1716-1795)

Barthélemy s'initie à l'archéologie et aux langues orientales. Entré comme assistant à l'Académie des inscriptions, il devient garde des Médailles du roi en 1753.
Dans un article publié en 1761, il reprend l'idée de Warburton et il fait une observation fondamentale en remarquant que les «ovales» ou cartouches autour des hiéroglyphes enferment des noms royaux.

Georg Zoëga (1755-1809)

Ce savant danois maîtrise parfaitement les classiques grecs et la langue copte.
Dans son ouvrage Sur les Obélisques, il réunit les principaux résultats de ses recherches sur l'Égypte ancienne.
L'examen des inscriptions sculptées sur ces monuments le pousse à étudier l'écriture hiéroglyphique en se basant sur les notions fournies par les écrivains de l'Antiquité. Il devine l'existence d'un élément phonétique dans le système d'écriture mais en le réduisant à quelques caractères qui procédaient à l'expression des sons à la manière d'un rébus.
Il s'oppose à l'idée de l'emploi mystérieux des hiéroglyphes réservé à un petit nombre d'adeptes et destiné à l'unique transmission d'un savoir occulte.

Zoëga établit une liste minutieuse de tous les signes hiéroglyphiques existants sur les obélisques de Rome et sur des objets conservés dans divers cabinets européens. Il meurt sans que ses travaux ne soient publiés.

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