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Le déchiffrement : Les concurrents de Champollion

Sylvestre de Sacy (1758-1838)

Sylvestre de Sacy

Sylvestre de Sacy est le premier à étudier la partie démotique de la pierre de Rosette sur base d'un fac-similé qu'il reçut en 1802. Il suppose que cette écriture cursive devait être alphabétique plutôt que figurative. S'appuyant sur une affirmation de Plutarque selon laquelle l'alphabet égyptien comprenait 25 signes, il classe les signes démotiques en 25 groupes. En s'aidant du grec il parvient à identifier les groupes de caractères correspondants aux noms propres Ptolémée, Arsinoë, Alexandre et Alexandrie ainsi que quelques noms communs.
Ne pouvant tirer d'autres résultats, il abandonne ses recherches et conseille à Champollion d'en faire autant.

Johan David Åkerblad (1763-1819)

Possédant une bonne connaissance des langues orientales, le diplomate suédois Åkerblad obtient en 1802 une copie de la pierre de Rosette. Tout comme le baron de Sacy, il compare le texte démotique et le texte grec et publie une analyse des noms propres grecs cités dans l'inscription en caractères démotiques. Persuadé qu'il s'agit d'une langue purement alphabétique, il déduit un court alphabet égyptien démotique. Mais lorsqu'il tente d'appliquer le résultat de ses recherches au reste du texte démotique, il ne parvient à déchiffrer qu'une soixantaine de mots. À l'exception de quelques notes, il ne poursuivra pas ses recherches.

Thomas Young (1773-1829)

Même s'il se tourne vers la médecine et plus spécialement l'optique physiologique, Thomas Young possède une parfaite connaissance de nombreuses langues orientales.

Thomas YoungEn 1813, il tente de déchiffrer la pierre de Rosette et découvre la relation avec le copte en reconnaissant dans le texte grec plusieurs noms de mois coptes. Par tradition, le calendrier copte est resté identique à ce qu'il était dans le passé : il s'agit en fait du calendrier égyptien. En l'occurrence, le grec transcrit donc tout simplement l'égyptien.

Reprenant le travail de l'abbé Barthélemy, il reconnaît que les noms royaux étaient entourés de cartouches et tente d'attribuer une valeur alphabétique aux signes trouvés dans ceux-ci. Il parvient à indiquer la place du cartouche de Ptolémée sur la pierre de Rosette et celui de Bérénice sur un autre document mais n'arrive pas à définir la valeur phonétique exacte de tous les signes, certains étant jugés «superflus». L'application de son alphabet à d'autres mots s'avéra d'ailleurs inexacte.

Il émit ensuite l'hypothèse que les hiéroglyphes étaient purement idéographiques et qu'une utilisation alphabétique de ces signes n'était qu'accidentelle, pour retranscrire les noms propres étrangers.

Afin de publier les inscriptions hiéroglyphiques, il crée en 1819 une société égyptienne, entreprise qu'il abandonne en 1827 pour se tourner vers l'étude du démotique.

Edme François Jomard (1777-1862)

Jomard part en février 1798 comme capitaine dans l'expédition d'Égypte et rédige pour l'Institut du Caire des mémoires sur l'archéologie. En 1803, de retour en Europe, il est nommé membre de la commission d'Égypte pour établir le catalogue des hiéroglyphes. Il écrira six volumes de commentaires : Sur les
signes numériques des anciens Égyptiens
(1816-1819). Il revendiquera la paternité des résultats de Champollion présentés en septembre 1822.

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