4/15  

Nicolas Grimal
Histoire de l'Égypte ancienne

L'avènement de la IIIe dynastie

Avec la IIIe dynastie (2700-2625) commence l'Ancien Empire. Cette période est peu connue. La liste des pharaons s'établit comme suit :
- Nebka (cité dans le papyrus Westcar)
- Djoser, l'Horus Netery-Khet
- Djoserti ou Djoser(i)teti (cité dans le canon de Turin) dont le nom d'Horus est Sekhemkhet. Il laisse une pyramide inachevée à Saqqarah.
- Nebkarê (?) ou Néferka(rê), nom d'Horus Sanakht (?)
- Houni, nom d'Horus Khaba (?)
- Un pharaon du nom d'Horus Zahedjet attend d'être identifié à un des pharaons précédents.

Djoser et Imhotep

Pyramide de Djoser, Saqqarah

Djoser a promu l'architecture en pierre : sa pyramide lance un nouveau type architectural qui sera adopté par ses successeurs jusqu'à la fin du Moyen Empire.

Le roi comme son vizir sont plus connus par leur légende que par les données historiques. Imhotep, grand prêtre d'Héliopolis, prêtre-lecteur, architecte en chef sera divinisé à la Basse Époque.

Fin de la IIIe dynastie

Elle est aussi peu connue que le début de la dynastie. Par manque de documents explicites, les archéologues suggèrent un ordre de succession fondé sur l'évolution architecturale de la sépulture royale. On a découvert sur le site de Zaouiet el-Aryan, à mi-chemin entre Gizeh et Abousir, deux pyramides. La plus méridionale s'inspire nettement de celle de Djoser et de Sekhemkhet à Saqqarah. Il est attribué à l'Horus Khaba que l'on a rapproché du roi Houni qui serait le dernier roi de la dynastie. Il reste à trouver une place à l'autre constructeur de Zaouiet el-Aryan que les graffiti identifient comme l'Horus Nebka(rê) ou Néferka(rê).

Snéfrou

Premier pharaon de la IVe dynastie, Snéfrou eut un règne long (peut-être 40 ans) et glorieux et sera pris pour modèle par les rois du Moyen Empire. Il entreprend des expéditions en Nubie et au Sinaï et se fait construire au moins trois pyramides : une sur le site de Méidoum, abandonnée pour le site de Dahchour où il en a deux.

Chéops

Le site de Gizeh, dominé par les pyramides de Chéops et de ses successeurs, reste la nécropole par excellence de la IVe dynastie. En dehors d'une tradition littéraire de la Première Période Intermédiaire qui ne lui accorde pas une bonne réputation, Chéops, en égyptien Khoufou, abréviation de Khnoum-koue-foui (Khnoum me protège) est peu connu.

Les héritiers de Chéops

Triade de Menkaourê

Chéops eut deux fils. Djedefrê (Didoufri) lui succède. Il est le premier à porter dans sa titulature le nom de "fils de Rê" et quitte Gizeh pour se faire enterrer à Abou Roach.

Kaouâb, le prince héritier, meurt avant son frère et c'est Chéphren, le demi-frère de Djedefrê qui prend la succession. Chéphren conserve le titre de fils de Rê en développant l'affirmation de l'importance d'Atoum face à . C'est de son règne que date le premier exemple de sphinx royal. Le grand sphinx de Gizeh porte son visage.

Son fils, Menkaourê ou Mykérinos selon la transcription d'Hérodote, lui succède.
Le fils de Mykérinos, Chepseskaf, achève le complexe funéraire de son père mais se fait enterrer à Saqqarah. Il est le dernier roi de la IVe dynastie, celle des grands bâtisseurs.

Ouserkaf et les premiers temps de la Ve dynastie

Durant son court règne, Ouserkaf se fait construire non loin du complexe de Djoser une modeste pyramide et inaugure la tradition d'édifier à Abousir un temple solaire, réplique de celui d'Héliopolis, ville dont se réclame la nouvelle dynastie. Le nouvel ordre des choses est exprimé dans le nom d'Horus,
iry-maât, "celui qui met en pratique Maât". Le pharaon se considère comme celui qui remet en ordre la création. C'est également sous son règne que dateraient les rapports de l'Égypte avec le monde égéen.

La suprématie héliopolitaine

La Ve dynastie semble avoir ouvert l'Égypte sur l'extérieur, vers le Nord et vers le Sud. Les reliefs du temple funéraire du successeur d'Ouserkaf, Sahourê, montrent des représentations de pays vaincus et le retour d'une expédition maritime, probablement à Byblos avec des prolongements dans l'arrière-pays syrien. On lui prête également une campagne contre les Lybiens. Le règne des successeurs immédiats de Sahourê, Neferirkarê-Kakai, Rênéferef, Chepseskarê, est peu connu.
Niouserrê est connu par le temple funéraire édifié à Abou Gourob, retrouvé presque complet et donnant une idée de ce que devait être son modèle héliopolitain.
Sous son successeur Menkaouhor, un certain changement intervient. Les fonctionnaires provinciaux et ceux de la Cour ne sont plus nécessairement choisis parmi les membres de la famille royale et gagnent en puissance et en autonomie, minant progressivement l'autorité centrale.

Izézi et Ounas

Izézi prend ses distances avec le dogme héliopolitain. Il ne construit pas de temple solaire et se fait enterrer à Saqqara-sud, plus près de Memphis. Durant son long règne, il mène une politique extérieure : mines du Sinaï et d'Abou Simbel, Byblos et le pays de Pount.
L'accroissement du pouvoir des fonctionnaires continue. Les vizirs de l'époque, dont le plus célèbre, Ptahhotep, connu par son "Enseignement", ont laissé de riches tombeaux.
Ounas serait le dernier roi de la Ve dynastie. On arrête généralement la période classique de l'Ancien Empire à son règne, la décadence de la première Période Intermédiaire débutant avec la VIe dynastie.

Naissance de la VIe dynastie

L'Ancien Empire est à son apogée mais les féodalités menacent le pouvoir central. S'y ajoute une nouvelle menace : l'absence d'héritier mâle. Téti monte sur le trône et, afin de légitimer son pouvoir, épouse une fille d'Ounas qui lui donnera Pépi Ier. Il pratique une politique de pacification et d'alliance avec la noblesse et continue les relations internationales. Selon Manéthon, il périt assassiné. Ouserkarê lui succède mais son règne fut bref.

Pépi Ier

Pépi Ier monte sur le trône très jeune et a un long règne d'au moins quarante ans. Une conspiration dans le harem laisse supposer que son règne ne fut pas facile. Il mène une politique de présence en ordonnant de grands travaux dans les principaux sanctuaires de Haute-Égypte : Dendera, Abydos, Eléphantine, Hiérakonpolis.

L'expansion vers le Sud

Le fils de Pépi Ier, Mérenrê Ier, poursuit la politique de son père : exploitation des mines du Sinaï, des carrières d'Éléphantine et de Nubie. Il garde le contrôle de la Haute-Égypte et mène des campagnes en Syro-Palestine et en Nubie. À sa mort, son demi-frère Pépi II lui succède alors qu'il n'est âgé que de dix ans.

Vers la fin de l'Empire

La tradition veut que Pépi II ait gouverné durant 94 ans. Cette longévité entraîna probablement la sclérose des rouages de l'administration ainsi qu'une crise de succession. La liste royale d'Abydos mentionne un Mérenrê II qui n'aurait régné qu'un an et serait l'époux de Nitocris qui, selon, Manéthon, fut la dernière reine de la VIe dynastie.


4/15


Imprimer la page Moteur de recherche Site : mode d'emploi Pour m'écrire Retour à la page d'accueil Retour à la page précédente Vers la page suivante