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Le Nouvel Empire

La période la plus glorieuse de l'histoire pharaonique, le Nouvel Empire, s'étend sur près de cinq siècles et avait Thèbes pour capitale. Ses souverains, de par leur politique expansionniste, portèrent à leur apogée la grandeur et la puissance de l'Égypte.

Les Thoutmosides

Thoutmosis Ier entreprend plusieurs campagnes en Asie, franchit l'Euphrate et dresse une stèle à Karkémish. Thoutmosis II lui succède et renforce la légitimité de son accession au trône en épousant sa demi-soeur, Hatchepsout.

À la mort du roi, Thoutmosis III étant trop jeune pour régner, c'est Hatchepsout qui va assurer la régence. Après quelques années, elle obtient de fait les pouvoirs du pharaon, se parant des attributs masculins de la royauté.
Sans interrompre tout à fait les exploits militaires de ces prédécesseurs, elle les laisse en sommeil mais organise au pays de Pount une expédition fructueuse qui ramène à Thèbes or, ivoire, myrrhe, encens et bois précieux. Les principaux événements de cette expédition sont relatés au temple de Deir El-Bahari qu'elle se fit construire.
Le royaume du Mitanni, issu d'une migration des Hourrites qui avaient progressé depuis le nord-ouest de la Perse jusqu'en Syrie-Palestine et en Haute-Mésopotamie se renforça entre le Haut-Euphrate, le Tigre et le Khabour. Tout comme l'Égypte, il aspire à la souveraineté sur les cités du croissant fertile et met sur pied une armée menaçante contre l'Égypte.

Thoutmosis III

Lorsque la reine se retire du pouvoir, Thoutmosis III se lance dans une vaste entreprise de conquêtes.
Au Sud, il entreprend des opérations militaires au Soudan et en Nubie et atteint la quatrième cataracte.
En Asie, au cours de dix-sept campagnes relatées sur les pierres du grand temple d'Amon-Rê à Karnak, il remporte une victoire à Meggido (Palestine), remonte peu à peu le Nord, occupe, sur la côte Byblos et Simyra et finalement franchit l'Euphrate et retrouve la stèle érigée par son aïeul, Thoutmosis Ier.
Il organise ces pays en protectorats, laisse le pouvoir aux habitants qui lui sont fidèles et amène en Égypte les jeunes princes qui gouverneront un jour, à la fois comme otages et pour les former aux mœurs et à l'administration égyptienne.

Ses successeurs, Amenhotep II et Thoutmosis IV n'agrandissent pas cet immense empire, se contentant de parades militaires destinées à intimider les peuples qui voudraient se rebeller.
Les rois font des mariages politiques avec des princesses mitanniennes, hittites, assyriennes et babyloniennes.
Les territoires d'Asie Antérieure sont partagés en trois provinces : Amourrou (dont la capitale est Simyra), Oupe (Koumidi) et Canaan (Gaza). Des fonctionnaires égyptiens se trouvent à leur tête en qualité de "chefs des pays étrangers du Nord".
Pour diriger l'Égypte, le pharaon se fait aider de trois personnages : un premier vizir en Basse-Égypte, un second pour la Haute-Égypte et un vice-roi pour la Nubie.
À cette époque, une foule d'étrangers apportant leurs produits exotiques, leurs œuvres littéraires et leurs idées afflue à Thèbes qui est devenue une capitale cosmopolite d'une richesse fabuleuse. L'essentiel de cette richesse est destinée au dieu Amon qui, grâce à un clergé influent, devint la plus grande divinité d'Égypte.

Amenhotep III, époux de la reine Tiyi, renonce aux démonstrations militaires de ses prédécesseurs, préférant se préoccuper de questions théologiques ou esthétiques. Il se livre à une grande activité de bâtisseur.

"L'hérésie" Amarnienne

À l'époque où Amenhotep IV accède au trône, le clergé détient un rôle toujours plus important au sein du système politico-religieux. Amenhotep IV AkhénatonLe grand prêtre d'Amon devient même le deuxième personnage de l'État. À dessein ou par conviction religieuse, Amenhotep IV secondé par son épouse Néfertiti, "la Belle est venue", s'attaque à un véritable État dans l'État qu'était le clergé d'Amon en tentant de réformer la religion égyptienne.
Il a la conviction que le divin, d'un caractère unique, ne peut être représenté sur terre. Il est seulement symbolisé par le disque solaire d'Aton : dieu central voire unique, accessible à tous. Il construit pour Aton un temple grandiose à Karnak. Il tente même de faire disparaître Amon en ordonnant que son nom soit martelé et en cessant d'entretenir les temples du dieu. Les prêtres du culte d'Amon réagissent vigoureusement : la guerre est ouverte. Prenant le nom d'Akhénaton,"celui qui plaît à Aton", le pharaon fonde une nouvelle capitale : Akhetaton, "L'Horizon du Disque", l'actuelle El Amarna où il va mener une vie brillante. Le culte d'Aton fut abandonné à la fin de son règne.

Son gendre Toutankhaton fut repris en main par le clergé d'Amon et prit le nom de Toutankhamon, "Image vivante d'Amon". Sous l'influence du "père divin" Aÿ et avec l'accord du général en chef de l'armée Horemheb, il ramène la capitale à Thèbes où Amon a retrouvé sa puissance.

Horemheb monte sur le trône, mène des opérations militaires en Asie où les Hittites viennent de s'emparer du royaume de Mitanni, enraye l'émiettement de l'empire et prépare l'avènement de la XIXe dynastie.

Les Ramessides

À la mort de Horemheb, un de ses généraux monte sur le trône sous le nom de Ramsès Ier. Alors commence la XIXe dynastie dont les principaux pharaons seront Séti Ier et son fils, Ramsès II. Ceux-ci furent à la fois des rois combattants et des rois bâtisseurs.

Ils durent achever de relever un empire qui avait été fortement contesté sous Akhénathon. Ils multiplièrent les campagnes en Libye et surtout en Syrie.
Ramsès II, dont le règne durera près de 60 ans, est principalement connu pour son affrontement avec les Hittites dans le nord de la Syrie (des bas-reliefs chantent la victoire de Qadesh, non loin de l'Oronde).
Comprenant que les événements internationaux de l'Asie antérieure jouaient un rôle de plus en plus important, il transporte sa capitale à l'est du delta, à Pi-Ramsès.
Quatorze ans après la bataille de Qadesh, il signe avec Hattousis, roi des Hittites, un traité de partage de la Syrie et épouse une princesse hittite. En fait, Égyptiens et Hittites, inquiets par le début de l'invasion des Peuples de la Mer et par la puissance des Assyriens, ont compris que seule leur entente parviendrait à enrayer la puissance des conquérants mésopotamiens.

Colosse de Ramsès II

Ces pharaons furent aussi d'infatigables bâtisseurs : on connaît le temple de Séti Ier à Abydos, ceux de Ramsès II à Abou Simbel.
Ce fut Thèbes qui fut la plus favorisée. À Louxor, Ramsès II ajoute le pylône et la première cour ainsi que des statues colossales et deux obélisques. À Karnak, c'est la grande salle hypostyle qui témoigne le mieux de l'activité de Séti Ier. Le temple, bâti par Akhénaton fut démonté et les blocs décorés furent réemployés.

À la mort de Ramsès II, seuls les Peuples de la Mer, sous la conduite d'un Libyen, firent courir un sérieux danger à l'Égypte où régnait le fils de Ramsès II, Mérenphtah. Ce dernier les battit et compléta par une campagne en Asie sa conquête des confins libyens.

Toutefois, l'Égypte était en proie à des luttes intestines : usurpations, assassinats, coups de force, intrigues dues aux jalousies entre les innombrables descendants de Ramsès II. La XIXe dynastie finit dans l'anarchie. Après vingt ans de troubles, un souverain énergique, Sethnakht, puis son fils Ramsès III rétablirent la situation et donnèrent naissance à la XXe dynastie.

À la mort de Ramsès III, après trente ans de règne, commença, de Ramsès IV à Ramsès XI le déclin du Nouvel Empire. L'État, ruiné et assailli par les Assyriens et les Libyens, tomba sous la domination du clergé d'Amon dont le grand prêtre Hérihor prit le pouvoir en Haute-Égypte.
Les fonctionnaires corrompus volent la paie des ouvriers de la nécropole royale, des grèves s'ensuivent. Le peuple affamé pille les tombes royales.
C'est vraiment, à la fin du IIe millénaire, le terme de l'Égypte conquérante et impériale : elle jouera encore un rôle international tant que durera son indépendance, mais politiquement, elle ne régira plus le monde.



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