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Auguste Mariette

Ses chantiers de fouilles : Saqqara

Durant toute sa carrière, Mariette entreprendra des fouilles à Saqqara, site qui semble avoir sa préférence. Les innombrables chefs-d'oeuvre qu'il y découvre constituent une part importante de la collection du Musée du Caire.

Les mastabas de l'Ancien Empire

Mariette est l'un des premiers à s'intéresser véritablement aux tombeaux des particuliers de l'Ancien Empire auxquels il donne le nom, toujours utilisé de nos jours dans le vocabulaire égyptologique, de mastabas.

Scribe accroupiEn octobre 1850, alors qu'il désensable le dromos du Sérapéum, il met à jour deux tombes fortement endommagées et exhume une série de sept statues qui prendront le chemin du Musée du Louvre : parmi elles se trouvent le célèbre "scribe accroupi".

Mariette est chargé, dans le courant de l'année 1958, de réunir une série d'antiquités pour le prince Napoléon. La collection comportant notamment la stèle fausse-porte du chef du double trésor Izi reviendra, dès 1864, au Louvre.

En 1860, secondé par l'égyptologue Devéria, ses fouilles aboutissent à la découverte du tombeau de Ti dont la chapelle est décorée de magnifiques bas-reliefs peints décrivant la vie d'un grand domaine agricole.
La même année, ses ouvriers découvrent la statue de sycomore du prêtre Ka-aper, plus connue sous le nom de statue du Cheikh el Beled.

La liste non exhaustive des tombeaux qu'il a étudiés à Saqqara, réalisée en 1877, comporte plus de 100 édifices reprenant le nom du propriétaire et sa datation. La numérotation est toujours utilisée aujourd'hui tout comme la carte d'ensemble de la nécropole de Saqqara qu'il a fait dresser.



Le Sérapéum

Lorsqu'il arrive à Saqqara en octobre 1850, Auguste Mariette a l'intention de mettre à jour la nécropole des Apis déjà repérée en 1847 par l'amateur britannique Harris et à laquelle les historiens de l'Antiquité avaient donné le nom de Sérapéum.
Il prend comme point de départ un texte de Strabon :

"On découvre également un Sarapion à Memphis, dans une étendue de sable où sous l'effet des vents s'amoncellent des dunes : elles ensevelissaient jusqu'à la tête, quand je les ai vues, certains sphinx, tandis que d'autres n'étaient qu'à moitié visibles. D'où l'on peut imaginer le danger que court un homme qui chemine vers le temple si une tempête de sable s'abat sur lui."
Strabon, Le Voyage en Égypte, traduction de Pascal Charvet.

Le récit quelque peu romancé de la découverte ne sera publié qu'après la mort de Mariette, en 1882, grâce à son successeur au Service des Antiquités, Gaston Maspero.

Il exhume d'abord les vestiges de constructions remontant à la XXXe dynastie ou aux débuts de l'époque ptolémaïque et notamment l'allée de sphinx qui partait du temple d'Apis-Osiris (et/ou Osiris-Apis) de Nectanébo II jusqu'au pylône d'entrée du complexe funéraire d'Apis érigé sous Nectanébo Ier. Il dégage de nombreux bronzes dissimulés sous le dallage du dromos.

Plan du SérapéumEntre le mois de septembre 1851 et février 1852, il met à jour les Grands Souterrains dans lesquels furent ensevelis les taureaux morts entre le règne de Psammétique Ier et la fin de l'époque ptolémaïque. Il y découvre de nombreuses stèles de particuliers ainsi que les imposants sarcophages de granit de l'Apis mort en l'an XXIII d'Amasis (~ 548).

Durant les mois de février et mars 1852, il explore les Petits Souterrains, galeries aménagées pour recevoir les corps des Apis morts après l'an XXX du règne de Ramsès II jusqu'au règne de Psammétique Ier. C'est là qu'après avoir dégagé à l'explosif une partie effondrée de la voûte, il découvre une momie humaine portant un masque d'or, des bijoux et des amulettes au nom du prince Khâemouaset, quatrième fils de Ramsès II et grand prêtre de Ptah à Memphis.

Enfin, entre mars et septembre 1852, il découvre huit sépultures isolées des Apis inhumés depuis le règne d'Amenhotep III jusqu'à l'an XXX du règne de Ramsès II. De petites chapelles situées en surface et disparues aujourd'hui surmontaient un caveau où prenaient place le sarcophage de bois contenant la momie du taureau, les vases canopes et le mobilier funéraire.

Mariette consacre ensuite deux années à l'étude des documents retrouvés et à l'exploration de la grande enceinte. Lorsque la guerre de Crimée éclate, il est forcé de rentrer en France, conscient que son travail sur le site est loin d'être terminé. Les multiples tâches qui lui seront confiées par la suite ne lui permettront pas d'y revenir :

"J'ai commencé ma carrière par le Sérapeum; je m'estimerais très heureux si c'est par le Sérapéum que je pouvais la finir. Malheureusement, je crains d'avoir attendu un peu tard."
A. Mariette, Lettre à Ernest Desjardin, 18 octobre 1880


La nécropole de la Basse Époque

statue issue de la tombe de PsammétiqueEn dégageant l'allée des sphinx du Sérapéum, Mariette découvre non seulement des tombes remontant à l'Ancien Empire mais également des sépultures de la Basse Époque.

Ainsi, en 1850, il met à jour la tombe actuellement détruite d'Ounnefer (XXXe dynastie). Il transmet au musée du Louvre six fragments de linteaux et quatre-vingt-six oushebtis.

En 1863, il fouille non loin de la pyramide de Ounas et dégage la tombe de Psammétique, fils de Meretneith, serviteur des pharaons Amasis et Petoubastis III (XXVIe et XXVIIe dynasties). De ce tombeau il exhume d'admirables sculptures ainsi que de nombreux oushebtis qui sont aujourd'hui disséminés entre plusieurs musées.

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Sources :
- Collectif sous la direction de Marc Desti, Des dieux, des tombeaux, un savant. En Égypte sur les pas de Mariette Pacha. Catalogue de l'exposition du même nom organisée à Boulogne-sur-Mer. Somogy - Éditions d'Art, 2004.
- Strabon, Le Voyage en Égypte. Traduction de Pascal Charvet, commentaires de Jean Yoyotte et Pascal Charvet. Paris, Nil Éditions, 1997.
- Jean Vercoutter, À la recherche de l'Égypte oubliée. Paris, Gallimard, Collection "Découvertes Gallimard" n°1, 1998.

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