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Auguste Mariette

Ses chantiers de fouilles : Thèbes

Dra Aboul Nagga

Située sur la rive occidentale du Nil, entre Deir el-Bahari et la Vallée des Rois, la nécropole de Dra Aboul Nagga accueillit des tombes royales et civiles de la Deuxième Période Intermédiaire jusqu'à l'époque saïte.

  • Le sarcophage de Kamosé

  • C'est à l'occasion des fouilles entreprises lors du séjour de Mariette en vue de préparer le voyage du prince Napoléon qu'est mis à jour, en décembre 1857, le sarcophage de bois peint de Kamosé (XVIIe dynastie), retrouvé couché sur le côté droit dans un amas de matériaux.

    La momie tomba malheureusement en poussière lors de sa manipulation. À ses côtés furent retrouvés un scarabée et des amulettes aujourd'hui perdues ainsi que quelques superbes pièces funéraires : un poignard d'or et de bronze actuellement conservé à la Bibliothèque royale de Bruxelles, un miroir de bronze exposé au musée du Louvre tout comme le magnifique brassard d'or en trois parties au nom d'Ahmosis qui fut offert au prince Napoléon par le vice-roi Saïd Pacha.

  • Le trésor de la reine Ahhotep (Iâhhotep)

  • Le 5 février 1859, les ouvriers de Mariette mettent à jour le sarcophage de bois doré de la reine Ahhotep (XVIIe dynastie), épouse de Sékénenré Taa II et mère des rois thébains Kamosé et Ahmosis qui libérèrent l'Égypte de la domination hyksôs.

    Hache d'apparatLa tombe n'a pas été pillée et le trésor retrouvé est sans équivalent à l'époque : bracelets, bagues, colliers (dont l'un est orné des trois mouches d'or de la vaillance), pendentifs, une hache de cérémonie, un poignard ainsi que deux modèles réduits de barques en or et en argent. Plusieurs de ces objets sont au nom de Kamosé et d'Ahmosis.

    L'agent consulaire G. Maunier avertit Mariette de la découverte. Toutefois, le trésor est soustrait par le gouverneur de la province de Louxor et ce n'est pas sans mal que Mariette, malgré son titre de "mamour", parvient à le récupérer. Dans l'intervalle, la momie de la reine fut détruite.

    L'importance et la beauté des bijoux fit prendre conscience au vice-roi Saïd Pacha de la nécessité de créer un musée afin de conserver les oeuvres antiques mises à jour régulièrement au cours des fouilles.

    Une partie du trésor fut présentée lors des expositions de Londres (1862) et de Paris (1867). Séduite par la splendeur des bijoux, l'impératrice Eugénie voulut se les faire offrir, ce à quoi Mariette s'opposa catégoriquement.

    Deir el-Bahari

    Les fouilles intermittentes organisées par Mariette sur le site de Deir el-Bahari entre 1858 et 1866 mirent à jour les vestiges du complexe funéraire de Mentouhotep et la tombe de l'une de ses épouses, la reine Nefrou.Expédition au pays de Pount

    Il déblaie partiellement le temple d'Hatchepsout dont l'architecture, unique en son genre, le laisse perplexe :

    "Il est vrai, ainsi que nous allons le voir, que le temple de Deir el-Bahari, présente, dans sa construction et dans son plan, des anomalies telles qu'on est dérouté à chaque pas, et qu'on se demande, en l'étudiant, si on a affaire à un édifice d'origine véritablement égyptienne."
    Auguste Mariette

    En 1858, Mariette découvre sur le mur sud de la deuxième terrasse le bas-relief relatant l'expédition au pays de Pount.

    Les fouilles mettent également à jour les tombes collectives édifiées au cours de la Troisième Période Intermédiaire aux alentours et dans le temple d'Hatchepsout. Certaines des momies envoyées à Paris à l'occasion de l'Exposition universelle de 1867 proviennent de ces tombes. Les sarcophages et le mobilier funéraire seront disséminés dans différents musées, à travers le monde.

    Le temple de Karnak

    Mariette accomplit d'importants travaux de déblaiement et de restauration durant les rapides compagnes menées sur le site de Karnak de la fin 1858 à 1860 et dans les premiers mois de 1874.

    Les fouilles débutent par l'enceinte de Montou où ses ouvriers exhument une statue d'albâtre de la divine adoratrice d'Amon Aménirdis et une statue de bronze d'Isis actuellement au musée Vleeshuis d'Anvers.

    Au centre du temple, Mariette retrouve le socle du naos d'Amon remontant à Amenemhat Ier qu'il considère comme le plus ancien élément du site. On découvrira par la suite les vestiges d'un monument légèrement antérieur remontant à Antef II ou III.

    Il reconnaît, dans la partie centrale du site, l'emplacement de la fondation de Sésostris Ier et constate les importants dégâts occasionnés au Moyen-Âge par les chaufourniers qui utilisèrent la supertructure et les fondations de calcaire du bâtiment pour alimenter leurs fours à chaux.

    Il ne s'agit là que de quelques exemples des travaux effectuées. En 1875, Mariette pense avoir pratiquement tout fouillé.

    "Quelques travaux restent bien encore ça et là à exécuter. Mais je m'étonnerais bien si des résultats un peu importants récompensaient les efforts de l'explorateur."
    Auguste Mariette

    L'avenir, avec notamment en 1903 la découverte de la cour de la cachette, lui donnera tort.

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    Sources :
    - Collectif sous la direction de Marc Desti, Des dieux, des tombeaux, un savant. En Égypte sur les pas de Mariette Pacha. Catalogue de l'exposition du même nom organisée à Boulogne-sur-Mer. Somogy - Éditions d'Art, 2004.

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