Amon

L'origine d'Amon

Avant de connaître un destin exceptionnel et de devenir "roi des dieux" à partir du Moyen Empire, Amon était une divinité peu connue.

Le dieu Amon et sa parèdre MoutSes origines restent imprécises. Quelques références à son nom sont attestées dans les Textes des Pyramides sans que l'on ait la certitude qu'il s'agisse de la même divinité.

Pour certains, il serait un dieu de l'air, de l'atmosphère, du vent et des bateliers vénéré en thébaïde. Les deux plumes qui ornent sa coiffure rappelleraient son caractère céleste.

Pour d'autres, il trouverait son origine chez l'un des huit dieux de la cosmogonie d'Hermopolis, portant le même nom et formant un couple avec Amonet. Et si Amon n'est pas ce dieu hermopolitain, il en a progressivement assimilé les caractères pour devenir une divinité créatrice.

Pour d'autres enfin, il s'agirait d'une divinité de Thèbes créée politiquement par les princes locaux.

La fortune d'Amon est intimement liée à l'ascension des princes thébains qui réunifièrent le pays et prirent le pouvoir à la fin de la Première Période Intermédiaire.
C'est sous la XIIe dynastie qu'Amon est réellement intégré au panthéon égyptien et que son rôle s'amplifie à Thèbes, supplantant celui de Montou, principale divinité de la région. Les débuts de l'édification du temple de Karnak datent de cette époque.

L'expulsion des Hyksôs, la fin des troubles et des divisions de la Deuxième Période Intermédiaire et le Nouvel Empire trouvent également leur origine en Haute-Égypte. L'ampleur du culte d'Amon va s'accroître parallèlement à la puissance des rois de Thèbes.

Les caractères d'Amon

Le culte d'Amon se développa autour du temple de Karnak où le clergé lui constitua une théologie en lui octroyant les fonctions d'autres dieux pour en faire un dieu universel.

Progressivement, le dieu thébain supplante comme dieu dynastique et, par syncrétisme, prend la forme d'Amon-Rê, s'appropriant ainsi le caractère solaire du dieu d'Héliopolis.

La triade thébaineIl est associé en triade à la déesse Amonet et surtout à Mout, forme locale de la déesse dangereuse. On lui adjoint également un fils, le dieu lunaire Khonsou.

Il apparait également en tant que dieu de la fécondité sous la forme d'Amon-Min. Il est alors représenté sous la forme ithyphallique de Min, un bras levé tenant le fléau et portant la couronne d'Amon.

Quant à ses fonctions de démiurge, elles proviennent de la combinaison d'éléments issus de la cosmogonie d'Héliopolis, de Memphis et surtout d'Hermopolis, enrichis d'apports originaux.

Le serpent Kematef, "celui qui accomplit son temps" a émergé du Noun à l'emplacement de la ville de Thèbes, conçut Irta, "celui qui a fait la terre", avant de se retirer dans un long sommeil.
Irta engendra la terre et les huit dieux primordiaux qui poursuivirent l'oeuvre de création, donnant naissance au soleil, à Ptah et à Atoum puis qui retournèrent à Thèbes pour s'endormir à jamais.
En tant que dieu primordial, Amon, le ba de Kematef, se substitue au démiurge.

Durant la XVIIIe dynastie, Amon devient ainsi un dieu national, dynastique, universel et créateur.

Sous Thoutmosis III, le culte d'Amon sort des frontières égyptiennes et est implanté au Gebel Barkal sur la IVe cataracte du Nil où il fut accepté par les populations locales.

Les représentations d'Amon

Le nom même d'Amon, Imen, signifiant le "Caché", traduit l'impossibilité de connaître son essence profonde. Ses représentations ne pouvaient qu'imparfaitement reproduire sa nature.

Sous sa forme anthropomorphe, il est représenté debout ou, plus souvent, assis sur un trône, tel un pharaon. Il porte une haute couronne constituée par un mortier d'où s'élèvent deux hautes plumes symbolisant l'aspect solaire du dieu.
La variante ithyphallique, sous forme d'Amon-Min, souligne son aspect de dieu de la fécondité.

Ses représentations animales sont l'oie, peut-être à mettre en rapport avec le mythe de la création du monde, et surtout le bélier lorsqu'il symbolise les forces créatrices.

Le temple de Karnak

Belier de l'allée des sphinx, temple de KarnakThèbes, où se trouvaient les principaux lieux de culte d'Amon, vivait au rythme des grandes fêtes religieuses organisées en l'honneur du dieu.

Lors de la grande fête d'Opet durant la saison de l'inondation, afin d'assurer l'éternel renouvellement des cycles naturels, la statue d'Amon était conduite au temple de Louxor où le dieu rejoignait et s'unissait à la déesse Mout.

Au cours de la "Belle Fête de la Vallée", il se déplaçait sur la rive occidentale du Nil pour faire bénéficier aux morts de sa présence revivifiante.

À l'occasion des sorties de la barque sacrée qui faisaient l'objet de liesses populaires, des oracles étaient rendus. Le dieu était consulté aussi bien pour de simples affaires privées que pour des questions cruciales comme la nomination d'un nouvel hériter sur le trône d'Égypte.
Le pouvoir des prêtres d'Amon était donc immense.

De plus, les conquêtes territoriales de l'Égypte au Nouvel Empire avaient lieu sous la protection d'Amon. En contre-partie, les souverains victorieux faisaient affluer à Thèbes une partie de leur butin, dotant le clergé de Karnak de richesses impressionnantes tout en embellissant et aggrandissant le temple.

À la fin de l'époque ramesside, la puissance du clergé d'Amon était telle que le temple de Karnak constituait un véritable État dans l'État.
Lorsque le pouvoir royal s'affaiblit, à l'initiative du grand prêtre Hérihor, le clergé prit le contrôle de la Haute-Égypte durant une période appelée "renouvellement des naissances".

C'est suite au sac de Thèbes par les Assyriens en 664 av. J.-C. que le culte perd de son importance et que commence le déclin d'Amon au profit d'Osiris.


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