Les sanctuaires et les cultes

Le temple

Alors que même les palais étaient bâtis en briques crues, le temple, maison du dieu, était construit en pierre. C'est un lieu clos réservé au clergé, le peuple n'ayant accès qu'à quelques parties extérieures.

L'entrée principale est orientée vers le Nil où un quai est aménagé. Une allée, souvent bordée de sphinx conduit au pylône, porte entourée d'une enceinte. On arrive ensuite dans une cour, seule partie réservée au peuple. Suit une salle à colonnes, l'hypostyle, qui s'ouvre sur le sanctuaire.
Au cœur du temple une petite pièce contient l'autel et le naos (tabernacle) enfermant la statue du culte. Elle est entourée de chapelles réservées aux dieux secondaires. S'y ajoute une salle où est entreposée la barque portative.
L'enceinte principale comprend des annexes : logements des prêtres, magasins et ateliers, la Maison des Scribes, le Lac Sacré où les prêtres se purifiaient…
Le toit du temple sert d'observatoire.

Le temple est un véritable microcosme : le sol est la terre, le plafond, orné d'étoiles, représente le ciel.

Le dieu possède également un domaine : propriétés, champs, troupeaux, voire des carrières ou des mines, servant à l'entretien de son culte et qui contribua largement à l'enrichissement du clergé.

Le clergé

Le clergé est organisé suivant une hiérarchie très structurée. Les prêtres peuvent cumuler une fonction civile avec un service religieux. Ils sont groupés en quatre classes qui officient à tour de rôle durant un mois.

Le prêtre, rasé et circoncis, est soumis à une obligation de pureté : ablutions deux fois par jour et deux fois par nuit, respect d'obligations alimentaires très strictes, interdiction de toutes relations sexuelles en période de service…

La prêtrise se transmet de père en fils mais peut également être achetée ou accordée suivant une décision du pharaon.

Le culte

À l'intérieur du temple ne sont admis que les initiés : les prêtres et le pharaon. Dans le grand hall d'entrée, les fidèles attendent le "lever du dieu". Dans la "Salle du Lever" n'entrent que "ceux qui sont purs", donc seulement les prêtres "ouâbou" qui préparent les offrandes et commencent les rites secrets. Dans le fond, au cœur du sanctuaire, entrent les premiers prêtres et le pharaon ; ils accèdent à la barque sacrée, qui "porte les beautés du dieu " et aux "lieux mystérieux " où sont rangés les objets sacrés. Ils ôtent les scellés et ouvrent la porte du tabernacle : le dieu est enfin visible.

On lave la statue ornée de bandelettes de lin, on l'asperge d'huiles parfumées, on lui maquille les yeux et la bouche. Puis c'est l'offrande de nourriture parfumée avec des fleurs. Chaque geste est accompagné d'un dialogue sacré avec le dieu. L'annonce que le dieu est de nouveau éveillé est faite dans la salle des offrandes puis dans la salle hypostyle remplie de dignitaires et de courtisans du pharaon et enfin dans les grandes cours où sont rassemblés les fidèles.
Ainsi l'équilibre (Maât) est maintenu : le soleil est de nouveau revenu pour éclairer la terre et apporter la vie à tous.
Ensuite, les prêtres se retirent après avoir pris soin de balayer toute trace de leurs pas et scellent la porte du tabernacle.

Au rite journalier s'ajoutaient les nombreuses fêtes pour le pharaon et les dieux dans les jours les plus importants de la vie agreste. Chaque ville célébrait à plusieurs reprises son dieu protecteur.
Avec la croissance de Thèbes, la plus grande fête de l'année était celle de "l'Opet " où le dieu Amon-Rê, dans sa barque sacrée, suivi de son épouse Mout et de son fils Khonsou, faisait le trajet du temple de Karnak à celui de Louxor.


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