La Haute-Égypte : Carnet de voyage

Notre guide nous avait prévenus : en abandonnant les berges désertiques de la Basse Nubie pour une seconde croisière à destination de Louxor, nous n'aurions plus l'occasion de nous retrouver seuls, face aux dieux, dans l'intimité de leurs temples.
Et effectivement, à notre arrivée à Assouan la foule est au rendez-vous. Mais qu'importe… le site est exceptionnel.

Une ballade en felouque nous permet d'apprécier pleinement la douceur du climat, la limpidité du Nil encore pur à cet endroit.
Un jeune garçon, espérant quelques friandises, nous accompagne en chantant, juché sur une embarcation de fortune.
Le Nil héberge ici plusieurs îles verdoyantes : Eléphantine, l'île Kitchener, celle de Sehel et, bien sûr, Agilka qui abrite les temples de Philae engloutie depuis la construction du barrage.
Celui-ci, tant controversé est impressionnant. "No photos, please" : inlassablement et avec une extrême gentillesse, les militaires tentent de repousser les touristes indiscrets.

La ville s'étire sur la rive droite. Dans l'une des carrières de granit qui fit la richesse de la région, un obélisque semble avoir été abandonné là depuis peu, délaissé parce qu'une cicatrice altère son corps de géant.

Le soir, une visite dans les souks, réputés pour leurs épices, s'impose. Levez les yeux, certaines bâtisses, témoins d'une splendeur passée, sont superbes.

C'est à regret que je quitte Assouan, mais le bateau est sur le point de partir vers Kom Ombo où le double temple de Sobek et de Haroëris domine le Nil du haut de sa colline.
A ses pieds des marchands, d'origine nubienne pour la plupart, ont installé leurs échoppes colorées.

Progressivement, le paysage se transforme, le fleuve s'élargit, les rives deviennent plus verdoyantes.
Nos regards indiscrets captent quelques tranches de vie : enfants qui se baignent, femmes lavant leur linge, paysans aux champs… Rien ne semble avoir changé depuis des millénaires.

A Edfou, le contraste entre la splendeur du temple et la pauvreté de la ville est surprenant. C'est une calèche tirée par un cheval chétif qui nous mène au domaine d'Horus.
Après la visite, nous ne pourrons pas nous attarder dans la ville. Le capitaine du bateau veut arriver le premier à Esna afin d'éviter une longue attente à l'écluse que nous franchirons durant la nuit.

Enfin, nous arrivons à Louxor, ultime étape de cette croisière. Sur les quais, les bateaux s'entassent côte à côte et nous devons en traverser plusieurs avant de rejoindre l'autocar qui va nous conduire à l'hôtel Sheraton où nous séjournerons quelques jours.

Le temple de Louxor s'étend, grandiose, en plein centre de la ville moderne, à deux pas du fleuve. Lieu sacré par excellence, cette demeure des dieux anciens, surplombée par une mosquée, cache çà et là des vestiges de l'époque chrétienne.

Il faut traverser le fleuve pour une rencontre, sur la rive ouest, avec le monde de l'au-delà.
Sur la route de la Vallée des rois, les colosses de Memnon sont les gardiens isolés d'un temple aujourd'hui disparu.
Une halte s'impose au temple de Medinet Abou, au Ramesseum et au temple d'Hatschepsout, à Deir el Bahari, surprenant de modernité.

La chance est avec nous : le village de Deir el Medineh semble, ce jour-là, avoir été oublié des circuits touristiques. Il cache quelques joyaux : la visite des petites tombes des artisans restera pour moi un moment fort du voyage.

Arrêt "commercial" à la ville de Gournah où les musulmans qui ont effectué leur pèlerinage à la Mecque racontent leur voyage sur les façades colorées de leurs habitations. Ici, des artisans ont repris la tradition de leurs lointains ancêtres et présentent aux touristes d'assez jolies reproductions en albâtre des œuvres passées.

Retour sur la rive est pour flâner dans les souks de la ville et s'exercer à l'art du marchandage : bijouteries, écoles de papyrus sont l'occasion de faire le plein de souvenirs.

Il ne faut surtout pas manquer la visite du musée de Louxor. Il est exceptionnel. N'hésitez pas à payer le supplément pour pouvoir photographier les magnifiques pièces qui y sont présentées.

La journée suivante est consacrée à la visite du temple de Karnak où nous sommes un peu perdus dans le dédale de ruines de ce qui reste le plus grand complexe architectural religieux du monde. Nous y reviendrons le soir pour le son et lumière avant de nous envoler vers notre dernière destination : Le Caire.



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