Les temples de Karnak : visite guidée

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L'Allée des sphinx

Devant l'entrée ouest du temple, un petit bassin sur le quai duquel Séthi Ier fit élever deux obélisques de granit était relié au Nil par un canal de dérivation.
C'est de là que la barque sacrée d'Amon se rendait, en procession solennelle, au temple de Louxor, le "harem méridional", ainsi qu'aux temples thébains de la rive occidentale du fleuve.

Une allée bordée de sphinx criocéphales, c'est-à-dire combinant le corps d'un lion à une tête de bélier, l'animal sacré d'Amon, conduit au premier pylône.



Le Ier Pylône

Construit par les pharaons de la XXXe dynastie ou par les premiers Ptolémées, le premier pylône se situe à la limite ouest de l'enceinte.

D'une largeur de 100 mètres et d'une hauteur initialement prévue de 34 mètres, il devait être le plus grand édifice de ce type en Égypte mais est resté inachevé. Les blocs de grès ne sont pas ravalés et la corniche concave n'a pas été réalisée.
À plusieurs endroits subsistent les rampes de constructions en briques qui permettaient de monter les blocs du pylône.

Sur la face orientale de l'édifice, on remarque huit grandes cannelures destinées à fixer le mât des gigantesques bannières qui garnissaient habituellement les édifices.



Entre le premier et le deuxième pylône

Devant le deuxième pylône éloigné du premier de 80 mètres environ s'étend une cour bordée de deux portiques édifiés sous Chéchonq Ier.

Sur la gauche de la cour, Séthi II fit élever un "temple-station" constitué de trois chapelles destinées à recevoir les barques sacrées de la triade thébaine : Amon, Mout et Khonsou.
Initialement conçu à l'extérieur de l'enceinte, il s'est retrouvé enfermé dans la cour lors de l'édification du premier pylône.

Il en va de même pour le temple de Ramsès III situé à droite. Ce temple reposoir reproduit le plan traditionnel d'un temple égyptien : pylône précédé de deux statues colossales du roi, cour avec piliers osiriens, salle hypostyle et sanctuaire comprenant trois chapelles destinées à recevoir les barques sacrées.

Le centre de la cour est occupé par les vestiges du kiosque ou portique de Taharqa aux colonnes papyriformes. Il menait à l'entrée du deuxième pylône précédé de deux statues de Ramsès II en granit rose dont l'une fut usurpée par le grand prêtre Pinedjem Ier.



La grande salle hypostyle

Avec ses 134 colonnes de plus de 20 mètres de haut et ses 5.500 m2, la grande salle hypostyle appelée "le temple de Séthi-Mérenptah est lumineux dans la Demeure d'Amon" est le plus vaste espace interne de l'architecture égyptienne. Sa construction a demandé un siècle environ.

Amenhotep III fit élever dans la cour qui séparait le deuxième pylône du troisième un portique d'entrée comportant deux rangées centrales de six colonnes qui trouvent leur pendant dans le temple de Louxor.

Séthi Ier transforme la cour en une véritable forêt de papyrus avec quatorze autres rangs de colonnes. Ramsès II en achève la décoration.

Malgré leurs proportions monumentales, les fûts rétrécis au sommet et les chapiteaux papyriformes conservent aux colonnes toute leur légèreté.

La seule source de lumière de cette immense salle provient des fenêtres à claustra de pierre situées au sommet des murs qui séparent les nefs latérales de la nef centrale dont les colonnes sont d'une hauteur supérieure aux autres de pratiquement un tiers.

La salle comporte deux axes : l'axe de temple, est-ouest, et un axe nord-sud qui débouche sur deux portes.
Les reliefs intérieurs de la salle représentent des scènes de purification et d'offrandes ainsi que le parcours des processions.
Sur la face extérieure des murs latéraux sont illustrées les campagnes militaires de Séthi Ier et de Ramsès II avec, notamment, la bataille de Qadech.



Entre le troisième et le cinquième pylône

Le troisième pylône, bâti sous Amenhotep III conduit au croisement des deux axes du temple. Édifié non loin du quatrième pylône de Thoutmosis Ier, il forme avec ce dernier une cour large et peu profonde marquée par la présence de quatre obélisques, deux élevés par Thoutmosis Ier dont l'un est encore debout, et deux par Thoutmôsis III.

C'est dans le troisième pylône que furent retrouvés les blocs d'albâtre d'un kiosque d'Amenhotep Ier, ceux de la "chapelle rouge" d'Hatchepsout ainsi que les blocs de calcaire de la chapelle de Sénousret Ier utilisés comme remblais.

Ce reposoir de la barque sacrée d'Amon a pu être reconstitué dans le musée en plein air tout comme la "chapelle rouge" et est actuellement l'un des rares exemples d'architecture du Moyen Empire.
Il s'agit d'une salle à piliers ouverte à trois nefs placée sur une sorte de socle sur lequel les nomes du pays, leur étendue et les hauteurs du Nil sont énumérées.
On accède au bâtiment par deux rampes situées sur le devant et à l'arrière. Ses bas-reliefs représentent le roi apportant des offrandes au dieu Amon sous son aspect d'Amon-Min, dieu de la fécondité.

Entre les quatrième et cinquième pylônes, tous deux de Thoutmosis Ier se trouve un espace transversal qui, comme la cour précédente, est relativement étroit.
Ce vestibule décoré de quatorze colonnes papyriformes de Thoutmosis III appelé primitivement Ouadjt, "la verdoyante", constitue la partie la plus ancienne de ce que l'on peut voir aujourd'hui.

C'est ici que la reine Hatchepsout fit élever ses deux obélisques qui par la suite disparurent en grande partie, noyés dans la construction. Un seul est encore debout, les fragments de l'autre se trouvent non loin du lac sacré.



Le coeur du temple

Après le sixième et dernier pylône, de moindre dimension, élevé par Thoutmosis III, le temple se présente comme un rectangle dans lequel sont dessinées trois enceintes parallèles.
On peut y remarquer deux piliers de granit datant de la même époque, décorés de lotus et de papyrus, les plantes symboliques de la Haute et de la Basse Égypte.

On atteint ensuite la chapelle-reposoir de granit érigée par Philippe Arridhée, successeur d'Alexandre le Grand.

C'est à cet emplacement que se situait la "chapelle rouge" de la reine Hatchepsout, sanctuaire de grès rouge que Thoutmosis III remplaça par un autre édifice reproduit fidèlement par Philippe Arrihdée.
Les pierres de la chapelle d'Hatchepsout furent réutilisées sous Amenhotep III pour la fondation du troisième pylône.
Plus de deux tiers des blocs furent retrouvés et la chapelle put être reconstituée, révélant, avec ses reliefs en creux, un véritable chef-d'œuvre du bas-relief du Nouvel Empire.

Suit la cour du Moyen Empire où se trouvait le sanctuaire originel du Moyen Empire, véritable cœur du temple.
L'énorme bloc de granit du Saint des saints sur lequel se dressait l'autel d'Amon est resté en place jusqu'à nos jours.



L'Akh-menou de Thoutmosis III

La "cour du Moyen Empire" est longée à l'est par l'Akh-menou que l'on appelle communément la "salle des Fêtes", édifice construit sous Thoutmosis III et probablement destinée aux fêtes-sed, cérémonies jubilaires liées à la régénération du pouvoir royal.

L'édifice comporte quatre grandes parties :

- Une longue voie d'accès débouche sur un vestibule ouvrant sur neuf magasins destinés à recevoir les instruments du culte.

- La salle des fêtes proprement dite est entourée de 32 piliers carrés derrière lesquels s'élèvent deux rangées de 10 colonnes.
À l'entrée de cette salle une copie de la "chambre des Ancêtres" où le pharaon fait offrande à ses prédécesseurs a pris la place de l'originale aujourd'hui au musée du Louvre.

- Le sud-est du bâtiment comprend un sanctuaire consacré au culte de Sokaris.

- Enfin, au nord-est, on aboutit à une pièce dite du "jardin botanique" dont les bas-reliefs montrent, dans leurs moindres détails, les animaux et les plantes d'Égypte et des pays voisins, notamment de Syrie et de Palestine où Thoutmosis III avait mené plusieurs campagnes militaires.
Ces descriptions auraient pour fonction d'illustrer l'infinie variété des formes et des espèces qu'offre la nature, affirmant ainsi l'universalité du culte solaire.



Emplacement du temple d'Aton

À l'est de l'enceinte de briques du sanctuaire d'Amon, dans le prolongement de l'axe principal, se trouve l'emplacement du Gempaaton, temple solaire dédié à Aton, qu'Amenhotep IV - Akhénaton fit construire au début de sa réforme religieuse.

Son plan annonce celui du grand temple d'Amarna.

Le temple fut entièrement démonté et les fragments d'environ quarante mille blocs sculptés ont été réutilisés en guise de remblais dans le neuvième pylône d'Horemheb.



Axe nord-sud (les propylées du sud)

La cour d'Amenhotep III entre le troisième et le quatrième pylône se situe au point de jonction des deux axes du temple.

En se dirigeant vers le sud, on entre dans la "cour de la cachette". C'est dans un angle de cette cour délimitée au sud par le septième pylône de Thoutmosis III que l'archéologue français Legrain découvrit en 1901 une fosse où les prêtres d'Amon avaient dissimulé environ 800 statues de pierre et 17.000 statues de bronze.

À l'est du septième pylône se trouve le lac sacré creusé sous Thoutmosis III et achevé sous Taharqa. Sur sa rive s'élève un gigantesque scarabée de granit datant de l'époque d'Amenhotep III.

La progression vers le sud nous conduit au huitième puis au neuvième pylône qu'Horemheb fit ériger en utilisant comme matériel de remplissage les blocs des temples consacrés à Aton lors de la période amarnienne.

Sur le côté ouest de la cour délimitée par ces pylône se trouvent les ruines d'un temple de la fête-sed d'Amenhotep II.

À partir du dixième pylône englobé dans le mur d'enceinte commence une allée de sphinx criocéphales qui conduit au temple de Mout. C'est aussi le point de départ d'un autre dromos bordé de sphinx androcéphales qui relie le temple de Karnak à celui de Louxor.



À l'ouest des propylées du sud

À l'ouest du neuvième pylône s'élèvent les ruines d'un temple dédié à la déesse Opet et datant de l'époque ptolémaïque.
Cette divinité thébaine ayant les trait d'un hippopotame fut considérée, à la Basse Époque, comme la mère d'Osiris à qui elle aurait donné naissance à cet endroit.

C'est là également que se trouvent les vestiges du temple de Khonsou qui, avec ses parents Amon et Mout, formait la triade vénérée à Thèbes. La construction de ce sanctuaire comportant portail, allée de sphinx, kiosque, pylône, cour, salle hypostyle, reposoir de la Barque, antichambre et Saint des saints commença sous Ramsès II.

Dans le prolongement de son axe, une allée de béliers conduit au temple de Louxor.



L'enceinte de Mout

En partant du dixième pylône du temple d'Amon un dromos conduit à l'enceinte de Mout, trapèze d'environ 250 mètres sur 400.

Le temple, édifié par Amenhotep III probablement sur une construction d'Hatchepsout, fut restauré sous Ramsès II et redécoré à l'époque ptolémaïque.

Il est entouré, sur trois de ses côtés, par le lac d'Achérou à la forme très particulière de fer à cheval destiné à apaiser la fureur de la déesse sous son aspect de lionne.

Dans son avant cour se trouvait une multitude de statues dédiées à la déesse lionne Sekhmet. Sur les 700 statues offertes par Amenhotep III, très peu subsitent sur le site.

Dans la même enceinte on peut encore voir les vestiges très endommagés d'un temple-reposoir de Ramsès III ainsi que le sanctuaire dédié à Khonsou, achevé à l'époque ptolémaïque.
Ce temple semble tenir le rôle de mammisi comme le laissent penser les scènes de naissance royale représentées dans la cour.

Juste devant l'enceinte, de part et d'autre de l'allée, Hatchepsout fit élever une chapelle d'Amon-Rê Kamoutek, "Amon-Rê taureau de sa mère" ainsi qu'un reposoir de barque.



L'enceinte de Montou

Directement au nord de l'enceinte d'Amon se trouve l'enceinte de Montou, carré d'environ 150 mètres de côté construit en briques sous la XXXe dynastie.

Le sanctuaire, orienté nord-sud, était relié au nord à un débarcadère par une allée de sphinx.
Construit sous Amenhotep III, il fut agrandi et modifié à l'époque ramesside.

Adossé au temple de Montou, un temple consacré à la déesse Maât date de la XVIIIe dynastie.


Sources principales :

- Sergio DONADONI, Thèbes. Paris, Arthaud, 1999.
- S. AUFRÈRE, J.-Cl. GOLVIN et J.-Cl GOYON, L'Égypte restituée, Tome 1. Paris, Errance, 1994
- François TONIC, Guide du grand temple d'Amon de Karnak. France, 2006.


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