Médinet-Habou


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Le site

Dans le secteur méridional de la Thèbes occidentale, aux limites de la zone des cultures et du désert, Médinet-Habou est avant tout le grand temple de millions d'années de Ramsès III, le mieux conservé et le plus important temple funéraire de Thèbes.

Il s'agissait d'un lieu sacré qui aurait abrité les dieux créateurs de l'Ogdoade, où Amon serait apparu pour la première fois et où fut élevé, durant la XVIIIe dynastie, un petit temple dédié à Amon, le Djeser Set. Ce sanctuaire fut ensuite englobé par les hautes murailles érigées sous Ramsès III et subit des agrandissements jusqu'à l'époque ptolémaïque.

Sous la XVIIIe dynastie, le lieu dépendait du temple de Louxor dont il constituait "la butte de l'ouest", étape importante durant la "Belle fête de la Vallée" quand Amon se rendait sur la rive gauche de Thèbes.

Suite à la construction du temple de Ramsès III, calqué sur le modèle du Ramesseum de Ramsès II, le site devint, au fil du temps, un centre administratif et une véritable ville fortifiée comportant un palais, des nilomètres, un lac sacré, des jardins, des greniers, des magasins, des chapelles ainsi que les habitations de prêtres et de fonctionnaires.

Dès la XXIe dynastie, durant les périodes de troubles, les remparts fortifiés servirent de refuge aux habitants. À l'époque chrétienne, la ville devint un évêché puis fut abandonnée lors de la conquête arabe.

Le nom d'origine, Iat-Djamet, simplifié en Djêmé, devint en grec Thêbai.
On ignore l'origine du nom arabe, Medinet Habou, la "cité d'Habou" mais il y a peut-être un lien avec le temple funéraire d'Amenhotep, fils de Hapou, situé non loin de là.

Le site était encore pratiquement intact lorsque Auguste Mariette le découvrit en 1860. Il en commença le dégagement en évacuant les constructions urbaines en briques crues. Grébaut et Dassery poursuivirent le travail.
En 1912, des fouilles financées par Théodore Davis furent organisées dans le palais de Ramsès III.
L'oeuvre des premiers terrassiers ainsi que l'exploitation des vestiges pour en extraire un engrais, le sebbakh, éliminèrent tout ce qui était en briques crues, y compris des édifices entiers dont le palais royal.
Entre 1927 et 1936, l'Oriental Institute de Chicago, sous la direction de Breasted, fit un relevé complet du site au cours de six campagnes successives.



L'entrée

On accédait à Médinet-Habou par un canal artificiel reliant le Nil à un débarcadère situé à l'est du site. Une tribune menait à une porte découpée dans un premier mur d'enceinte de faible hauteur.

Une seconde muraille en briques constituait un rectangle de 200 mètres sur 300, haute de 18 mètres et épaisse à la base d'environ 10 mètres. Elle déviait légèrement au nord ouest en raison de la présence d'un temple datant de Ay et Horemheb. Couronnée de créneaux au profil rond et protégée par une fortification en partie recouverte de pierre, elle était percée à l'est et à l'ouest de deux portes monumentales en grès. Il ne reste pratiquement rien de la porte occidentale, mais elle devait être assez semblable à la porte de l'est qui, elle, est très bien conservée.

Formée de deux corps symétriques d'une hauteur de 22 mètres, cette entrée impressionnante rappelle les portes fortifiées protégeant les citadelles asiatiques que Ramsès III dut rencontrer lors de ses campagnes militaires.

Les reliefs, semblables à ceux que l'on retrouve sur les pylônes des temples, montrent le pharaon massacrant ses ennemis, des Asiatiques au nord, des Nubiens et des Libyens au sud, en présence de Rê-Harmakhis et d'Amon.

Dans le couloir d'entrée, sur les parois latérales de la muraille, on peut encore voir, sculptées en relief, deux rangées de têtes d'ennemis. Il est probable qu'à l'origine, celles-ci étaient surmontées de deux représentations du roi en train de les piétiner.

Si la partie basse de la porte est massive, la partie haute est composée de deux étages comprenant deux chambres auxquelles on accédait par un escalier extérieur.

Dans ces appartements, le registre des reliefs change radicalement. On peut y voir le roi, confortablement installé, respirant des fleurs ou jouant au senet en compagnie de ses filles ou de dames du harem.

Il s'agit d'un lieu où le roi venait probablement se détendre et prendre le frais. Pour cette raison, la construction est parfois appelée "Pavillon royal". Mais de par son aspect militaire, on lui a également donné le nom sémitique de migdol.

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Le temple funéraire de Ramsès III

Le temple lui-même est grandiose ; on pénètre dans la première cour par un pylône massif dont les reliefs commémorent les batailles et les victoires de Ramsès III.

Dans la deuxième cour, entourée de portiques, les scènes guerrières alternent avec des représentations religieuses ; puis se suivent les salles hypostyles flanquées de pièces latérales ; le fond du sanctuaire est presque en ruine.

Sur le mur extérieur, des reliefs narrent les campagnes du roi ; un combat naval acharné a lieu sur la côte du Delta.

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Le palais

Le mur sud de la première cour du temple de Ramsès III constitue la façade d'un palais auquel trois portes donnaient accès. Après s'être incarné dans la statue dressée dans la salle du trône, le roi pouvait de là présider aux festivités qui se déroulaient dans le temple.

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Les chapelles des divines adoratrices

Sous les XXVe et XXVIe dynasties, les Divines Adoratrices d'Amon, prêtresses appartenant à la famille royale et véritables maîtresses de Thèbes, choisirent l'enceinte sacrée du temple pour construire leur chapelle funéraire.

Les petits temples reliés entre eux sont situés au sud de l'entrée monumentale (voir le plan des chapelles). Deux d'entre eux sont bien conservés.

Celui de l'est est dédié à Aménardis, soeur du souverain éthiopien Chabaka (XXVe dynastie). L'autre est un triple sanctuaire consacré à Chepenoupet II, fille du roi Piankhy, à la reine Méhyhemousekhet, épouse de Psammétique Ier, et à sa fille Nitocris (XXVIe dynastie).

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Le petit temple d'Amon

À droite de l'entrée se trouve un petit temple dédié à Amon (voir le plan du temple).

Construit à l'endroit où, selon la mythologie, se trouvait la butte primordiale, il fut commencé sous les thoutmosides et connut des agrandissements successifs jusqu'à l'époque romaine (voir l'évolution du temple).

La chapelle-reposoir destinée à la barque sacrée ainsi que les six chambres de l'ouest remontent à la XVIIIe dynastie. Thoutmosis III entoura l'édifice d'une modeste enceinte.

Chabaka ajouta une porte à l'est ainsi qu'un pylône qui fut usurpé par son successeur Taharqa.

À l'époque saïte, le temple fut relié au pylône de Chabaka par deux murs formant une cour dotée de huit colonnes de part et d'autre de son axe central.

Nectanébo Ier ajouta une avant-cour encadrée d'une colonnade. Il entoura également l'édifice d'une plus grande enceinte s'étendant jusqu'à la muraille de Ramsès III.

Sous les Ptolémées, une partie du mur d'enceinte fut détruite au profit d'un pylône massif précédé de deux colonnes.

À l'époque romaine fut ajoutée, à l'extérieur de l'enceinte de Ramsès III, une avant-cour à colonnes jointes par un mur-bahut, elle-même précédée d'une cour datant de l'époque d'Antonin.

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Sources :

- S. AUFRÈRE, J.-Cl. GOLVIN, J.-Cl. GOYON, L'Égypte restituée. Tome 1 : Sites et temples de Haute Égypte. Paris, Errance, 1994
- Sergio DONADONI, Thèbes. Editions Arthaud, 1999.
- Pierre GRANDET, Ramsès III. Histoire d'un règne. Paris, Pygmalion-Gérard Watelet, 1993. - Nicolas GRIMAL, Histoire de l'Égypte ancienne. Paris, Fayard, 1988
- Eric VAN ESSCHE-MERCHEZ, Pour une lecture "stratigraphique" des parois du temple de Ramsès III à Médinet Habou, RdE 45, 1994, p 87-115.
- Dr. Karl H. Leser, Medinet Habu, History of the small temple of Amun. Site internet.

Voir aussi :

- Bibliographie sur internet


Les temples funéraires



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