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Les temples de Nubie : Abou Simbel

  • La redécouverte du site

  • Les deux spéos se situent à environ 280 km au sud d'Assouan, sur la rive gauche du Nil, aux frontières du Soudan. Abou Simbel est une déformation d'Ibsamboul ou Ebsambul qui était son nom jusqu'au XIXe siècle. C'est l'explorateur et orientaliste suisse, Johann Ludwig Burckhard, le découvreur de Petra, qui repéra le site en 1813 :

    "...J'avais visité toutes les antiquités d'Abou Simbel et je m'apprêtais à remonter le ravin sableux de la même manière que je l'avais descendu. Par un heureux hasard, je fis quelques pas un peu plus loin, vers le sud, et mes yeux se portèrent sur ce qui est encore visible des quatre immenses statues colossales, taillées dans le rocher à une distance de quelque deux cents mètres … situées au fond d'une niche, mais malheureusement presque totalement recouvertes de sable, lequel dévale ici des hauteurs comme en avalanche… On ne peut déterminer avec certitude si ces statues sont debout ou assises."
    Extrait du récit de Johann Ludwig Buckhard à propos de sa halte à Abou Simbel, le 22 mars 1813.

    En 1816, l'équipe de Bernardino Drovetti se rendit sur les lieux afin de dégager l'entrée du temple de Ramsès II. Confronté à la mauvaise volonté des habitants, il ne put réunir la main-d'oeuvre nécessaire et, après de multiples déboires, dut se résigner à rentrer au Caire sans parvenir à ses fins.

    Façade ensablée du temple de Ramsès II à Abou SimbelLa même année, l'aventurier et archéologue Giovanni Battista Belzoni, agissant pour le consul général britannique en Égypte, Henry Salt, tenta de désensabler la façade du grand temple. Faute de temps et de réserves de nourriture, il est contraint à abandonner. Lors de son second voyage, en 1817, il dégagea le haut du portail, se glissa à l'intérieur du temple et découvrit le spéos... vide, à sa grande déception.

    Une nouvelle expédition, menée par Salt et Bankes, dégagea le colosse sud et une partie de son voisin entre 1818 et 1819. C'est ainsi que l'on découvrit que les effigies de Ramsès étaient assises et non debout.

    La renommée d'Abou Simbel s'établissait et le site devint une destination à la mode. Les voyageurs, égyptologues et touristes, s'y succédèrent : Champollion s'y rendit en 1823 à l'occasion de l'expédition franco-toscane, Karl Lepsius explora le site à trois reprise au cours de l'expédition prussienne, entre 1842 et 1844. En 1874, Andrew McCallum, l'un des compagnons de voyage d'Amelia Edwards, découvrit la chapelle méridionale.

    C'est seulement en 1909-1910 que Barsanti, architecte au service des Antiquités dirigé par Gaston Maspero, profita du premier exhaussement du barrage d'Assouan et de la montée des eaux pour déblayer la terrasse, extraire les statues qui l'ornent, dégager la chapelle du nord, achever de désensabler l'ensemble et effectuer des travaux de consolidation.


    Sources :
    - G. Belzoni, Voyages en Égypte et en Nubie. Paris, Éditions Pygmalion - Gérard Watelet, 1979.
    - Amelia Edwards, A Thousand Miles up the Nile. Londres, Parkway Publishing, 1888.
    - Madeleine Peters-Destéract, Abou Simbel. À la gloire de Ramsès. Éditions du Rocher, 2003.

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