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Les temples de Nubie : Abou Simbel

  • Le grand temple de Ramsès II

  • Zoom sur le plan du temple


    La façade

    Aucun mur ne vient séparer le temple du Nil et ne fait écran au soleil levant. Toutefois, au nord comme au sud, un mur de briques crues percé d'un pylône délimitait l'enceinte du temple.

    Entre le fleuve et la terrasse, une large cour pavée de briques carrées s'étendait sur une longueur de près de quarante mètres.

    Le grand temple reprend le plan classique d'un temple de l'époque, mais est entièrement creusé dans la roche. La façade en grès rose, large de 40 m et haute d'une trentaine de mètres, est constituée d'un seul trapèze, taillé dans la masse, au lieu du double trapèze qui constitue le pylône habituel du temple égyptien.

  • Les colosses

  • Les deux colosses au nord de la façadeLes quatre statues géantes du souverain, groupées deux par deux de part et d'autre de l'axe médian, ont été sculptées dans la roche à l'intérieur de cet unique trapèze. Une forte moulure ronde délimite les bords nord et sud de la roche.

    "Ramsès est le temple, comme le temple est Ramsès. (...) Quatre fois égal à lui-même, Ramsès II siège. Debout, il serait plus rassurant. Assis, il donne à tous ceux qui vont vers lui et l'approchent le sentiment de comparaître. Il s'instaure en tribunal composé non pas de juges divers mais d'un seul juge à l'effigie répétée, ainsi doué d'ubiquité".
    Max-Pol Fouchet. Nubie, Splendeur Sauvée. Suisse, La Guilde du Livre, 1965.

    L'intention du conquérant était d'inspirer aux populations de Nubie la crainte et le respect. C'est pourquoi il conçut les colosses d'une taille impressionnante.

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  • Le couloir d'entrée

    Sur les côtés des trônes royaux, de part et d'autre de l'entrée, la scène du Sema Taoui, ("la réunion des Deux Terres"), où deux divinités lient ensemble le lys et le papyrus, symbolise l'union de la Haute et de la Basse-Égypte et rappelle le renouvellement perpétuel de Pharaon, lorsqu'arrivait l'Inondation (Christiane Desroches-Noblecourt, Le secret des temples de la Nubie, p.188).

    Sous cette scène, le couloir d'entrée est orné de bas-reliefs représentant, du côté sud, des captifs africains et, du côté nord, des ennemis de type asiatique.

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  • La terrasse

    La terrasse s'étend de part et d'autre d'un escalier central bordé par une balustrade de faible hauteur. De chaque côté, cinq statues du souverain en position osiriaque ou dans l'attitude de la marche alternaient avec cinq faucons à l'image d'Horus, constituant le premier échelon de grandeur.

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  • Les membres de la famille

    Sur un niveau supérieur, à la gauche, à la droite et entre les chevilles de chaque colosses, douze statues représentent des épouses, fils et filles du roi. Le pharaon se fit entourer de la famille royale à deux exceptions près : le pharaon Séthi Ier, père de Ramsès, et la Grande Épouse Royale Isis-Nofret sont absents du sanctuaire.

    La Grande Épouse Royale NéfertariOccupant une place d'honneur, de part et d'autres du portail, la grande épouse royale Néfertari se tient debout, dans l'attitude de la marche. La reine-mère Mout-Touy est également présente aussi bien du côté nord que du côté sud.

    Une seconde place de choix, à la gauche ou à la droite des colosses, est réservée aux enfants des deux Grandes Épouses Royales : la princesse Bentanat, fille d'Isis-Nofret, et les princesses Merytamon et Baket-Mout, filles de Néfertari.

    À un niveau inférieur et de taille plus modeste, les princesses Isis-Nofret II (?) et Nefertari II ainsi que les fils aînés Amon-Her-Khepeshef et Ramessou se tiennent entre les jambes du pharaon.

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  • La niche centrale

    Dans une niche oblongue, au-dessus du portail, apparaît un dieu à tête du faucon portant le disque de Rê-Horakhty.
    À gauche, on peut voir le sceptre Ouser, et, sur la droite, ce qui reste d'une figurine de la déesse Maât.
    En réunissant les noms, Ouser-Maât-Ré, on obtient le prénom de couronnement de Ramsès II. Ainsi, sous le prétexte de représenter les dieux, c'est le pharaon-même qui est nommé, à la manière d'un rébus.

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  • La partie supérieure

    Sur le long relief supérieur, des cynocéphales de 2 m 30 de haut se disposent en frise.
    En-dessous se succèdent en bandeau ininterrompu les cartouches de Ramsès ainsi qu'une longue inscription hiéroglyphique : le protocole du roi, qui se répète de part et d'autre de l'axe central.

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    La porte d'entrée

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    La cour intérieure

    Une fois franchi le portail de petite taille, on entre dans une première salle de 18 m sur 16 m 69 qui évoque la cour d'un temple classique et qui s'ouvre sur huit salles latérales servant de magasins destinés à recevoir les objets du culte et les offrandes.

    Même si les représentations religieuses et les scènes d'offrande sont nombreuses, ce sont les reliefs militaires qui attirent le plus l'attention. En fait, comme c'était déjà le cas dans le temple de Beit el-Ouali, les scènes de destruction du mal ne pouvant trouver place sur le pylône d'entrée ont été déplacées sur les murs de la "cour".

  • Les piliers

    Statue osirienne de Ramsès IIHuit statues, hautes de sept mètres, disposées en deux rangées, quatre au nord, quatre au sud, se dressent face à face contre des piliers quadrangulaires. Ramsès y est représenté avec les attributs d'Osiris, le sceptre et le fouet. Toutefois, la collante gaine du dieu a disparu et les statues du nord sont coiffées de la double couronne alors que celles du sud portent la couronne blanche de Haute-Égypte.

    Sa fondation de Meha était conçue pour affirmer sa directe apparition en tant que Soleil, sans passer par le chapitre de la transformation osirienne (discrètement rappelée par les statues bordant la terrasse). Il apparaît donc sur les "pseudo"-piliers osiriaques de son domaine pourtant chtonien, en tant que vivant, torse nu, jambes nues et visibles, et vêtu du pagne du roi vivant.
    Christiane Desroches Noblecourt, Le secret des temples de la Nubie, p. 193.

    Sur les trois autres faces des piliers, Ramsès fait les traditionnelles offrandes aux divinités.

  • Le mur nord

    Sur le mur nord, une fresque d'une longueur de 18 mètres sur 8 mètres raconte, en images, la version officielle de la bataille de Qadesh, épisode majeur de la guerre que mena Ramsès contre les Hittites.

  • Le mur sud

    Sur la paroi sud se succèdent cinq scènes d'offrandes à Ptah, à Rê-Horakhty et à Amon. L'un des bas-reliefs, inspiré du temple d'Amada, montre Ramsès agenouillé devant l'arbre iched, recevant d'Horakhty et de Thot la promesse de nombreuses fêtes-Sed.

    Dans le registre inférieur s'inscrivent trois grands tableaux d'une facture magistrale :

    Sur son char, Ramsès vise l'ennemi de ses traits- À gauche, sur son char, Ramsès vise l'ennemi de ses traits. Derrière lui, trois de ses fils, également sur des chars, le suivent au combat. Face à lui, une citadelle où des hommes expriment le désespoir et implorent le pharaon.

    - Au centre, la scène représente Ramsès à l'instant où il va tuer un chef libyen. Le roi combat à pied. De sa main droite, il brandit une lance ; de la gauche, il saisit le bras de l'adversaire qui esquisse un geste de supplication. Le roi écrase du pied droit un autre Libyen renversé sur le sol, mourant.

    - Le dernier volet dépeint le retour triomphal du roi paradant sur son char dans toute sa majesté. Devant lui, sur deux registres, des captifs du pays de Koush sont conduits devant la triade thébaine.



  • Le mur est

    Sur le mur intérieur oriental, de part et d'autre de la porte d'entrée, Ramsès anéantit ses ennemis dans deux tableaux mis en parallèle : ceux du Sud devant Amon et ceux du Nord devant Horakhty.
    En dessous, huit des fils du roi se succèdent en procession du côté sud et neuf de ses filles du côté nord. Ainsi la descendance du pharaon n'est pas absente de la salle de ses trophées. Elle est là pour montrer sa vitalité, sa force de vie.

  • Le mur ouest

    Croquis montrant que, dans un deuxième temps, la déesse Mout a été repoussée afin que Ramsès prenne place parmi les dieuxSur la paroi occidentale, de chaque côté de la porte centrale ouvrant sur la seconde salle, Ramsès II présente deux rangées d'ennemis à une triade divine. Au Sud, il s'agit de Nubiens offerts à Amon-Rê, Ramsès déifié et Mout. Au Nord, ce sont des Hittites qui se tiennent devant le roi, assis entre Rê-Horakhty et une déesse à tête de lionne. Un examen des reliefs montre que Ramsès II déifié a été ajouté ultérieurement entre les dieux.

    Les restes de peinture, sur les reliefs et les statues, laissent imaginer ce qu'a dû être l'intense coloration de cette salle-cour.
    Les plafonds des nefs latérales sont des ciels étoilés. Le plafond de la nef centrale a pour décor une procession de grands vautours aux ailes déployées qui conduisent vers la salle hypostyle à quatre piliers carrés.



    Les magasins

    De part et d'autre du mur occidental de la cour intérieure, deux portes ouvrent sur un passage rectangulaire donnant accès aux quatre magasins du temple. Par la suite, deux nouvelles salles furent aménagées du côté nord.
    Ces six pièces étaient destinées à recevoir, sur des banquettes ou dans des niches taillées dans la pierre, les accessoires du culte : les objets précieux et l'équipement liturgique.


    La salle hypostyle

    Cette salle est soutenue par quatre pilliers rectangulaires ornés de scènes d'offrandes traditionnelles.
    Les scènes rituelles nous montrent le roi, désormais accompagné de Nefertari, dans l'exercice du culte et en particulier, sur les parois nord et sud, dans l'adoration de la barque divine.
    Sur le mur est, le pharaon se tient devant des couples divins. À nouveau, la représentation de Ramsès divinisé a été ajoutée parmi les dieux.


    L'antichambre

    On pénètre dans cette étroite salle obscure par trois portes. Sur les parois, le pharaon fait des offrandes à différentes divinités : Min de Coptos, Horus de Meha, Khnoum, Atoum, Thot et Ptah.

    Trois autres portes, percées dans le mur occidental, ouvrent sur le saint-des-saints, au centre, et sur deux chapelles latérales dépourvues de décoration.


    Le saint-des-saints

    Le saint-des-saintsContrairement à la tradition, le sanctuaire ne contient pas de naos destiné à abriter l'image du dieu.
    Sculptés dans la masse siègent de gauche à droite Ptah, Amon-Rê, Ramsès II et Horakhty.
    Le roi est parmi les trois dieux majeurs de l'empire, égal à eux.
    Le temple d'Abou Simbel est bien celui du dieu Ramsès : de son vivant, le roi avait acquis toutes les qualités et prérogatives divines ; il devenait un dieu et non plus un fils de dieu.

    Deux fois par an, vers le 20 février et le 20 octobre, le soleil se lève à l'horizon dans l'axe même du temple et, grâce à l'ingéniosité des constructeurs, ses rayons pénètrent jusqu'au fond du sanctuaire et l'éclairent.
    Seules les trois divinités solaires, Amon, Ramsès et Horakhty reçoivent la lumière ; Ptah, le dieu funéraire, reste dans l'ombre.

    Il n'est donc pas impossible de penser que, deux fois l'an, le soleil devait revenir donner à l'image du roi - en tant que souverain sur terre - coiffé du khépéresh du règne, la nécessaire illumination divine également reçue par les images d'Amon et d'Horakhty avec lesquels il se confondait. En un mot, l'énergie était rechargée par deux fois au cours de l'année, ce qui contribuait à sublimer encore l'essence de Pharaon et à commenter le mécanisme de sa divinisation.
    Christiane Desroches-Noblecourt, Le secret des temples de la Nubie, p.204.

    Au milieu de la salle subsiste le socle qui supportait jadis la barque divine portative abritant les effigies des dieux et faisant, en quelque sorte, office de naos.


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  • Les chapelles

  • Au nord et au sud de la façade ont été édifiées deux petites chapelles.

    Celle du nord, destinée à l'adoration du soleil levant, est une petite cour à ciel ouvert de 4,70 X 3,50 mètres contenant un petit autel encadré de deux obélisques et entouré de quatre cynocéphales auquel on accédait par quatre marches.
    Accolé à la paroi nord, un petit naos protégeait un scarabée et un cynocéphale, images du dieu Khépri, le soleil en devenir, et de Thot, dieu lunaire et maître de la Nubie.

    L'autre chapelle, au sud, a été creusée dans la roche. On y adorait Amon, dieu caché à qui convenait mieux le secret d'une chapelle intérieure.


    Sources :
    - Christiane DESROCHES NOBLECOURT, La Grande Nubiade. Le Livre de Poche n°9526, 1992.
    - Christiane DESROCHES NOBLECOURT, Le secret des temples de la Nubie. Paris, éditions Stock/Pernoud, 1999.
    - Madeleine Peters-Destéract, Abou Simbel. À la gloire de Ramsès. Éditions du Rocher, 2003.

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