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Les temples de Nubie : Abou Simbel

  • Le sauvetage des temples

  • Situés à 125 mètres au-dessus du niveau de la mer, les temples d'Abou Simbel étaient restés hors d'atteinte des eaux du Nil, même après la surélévation du premier barrage d'Assouan. Par contre, la construction du Sadd el-Ali allait submerger totalement le site.

    Entre 1960 et 1963, une campagne de presse d'un niveau international alerta l'opinion publique. Une multitude de propositions de sauvetages, sérieuses ou fantaisistes, affluèrent des quatre coins du monde.
    Parmi les projets proposés au gouvernement égyptien et soumis aux experts de la commission internationale de l'UNESCO, deux options furent retenues. L'une était l'établissement d'un barrage qui permettrait le maintien des temples in situ. La seconde préconisait la surélévation des temples.

    La première proposition dut être repoussée en raison de son coût trop élevé au profit du déplacement des temples, et ce, contre l'avis de la plupart des égyptologues désireux de maintenir les temples sur leur site d'origine.

    Le gouvernement égyptien confia aux ingénieurs-conseils de la société suédoise VBB le soin de préparer un projet préliminaire. Les techniques de surélévation des temples s'avérant financièrement impossibles, c'est l'option du découpage puis du remontage des temples qui fut finalement choisie.

    Le coût des travaux fut évalué à 36 millions de dollars, estimation très correcte puisqu'en réalité l'ensemble de l'opération coûtera 40 millions de dollars. L'Égypte prenait le tiers à sa charge, les promesses internationales se chiffraient à 17,5 millions, ce qui était insuffisant. Le gouvernement égyptien accepta le risque financier et, le 16 novembre 1963, un contrat fut signé avec Joint Venture. Les travaux commencèrent au début de l'année 1964.

    L'opération se déroula en plusieurs étapes :

    - Construction d'un batardeau en avant des temples : D'une longueur de 350 mètres, ce barrage était destiné à maintenir les temples au sec durant leur découpage.

    - Travaux de protection et excavation : Avant de découper les monuments, il fallut ôter la partie rocheuse située au-dessus des temples. Les façades furent recouvertes de sable afin de les protéger des vibrations. Des échafaudages en acier furent installés afin de soutenir les murs et les plafonds des salles.

    - Démontage et déplacement des temples : Le découpage des temples débuta le 12 août 1965 et prit fin en juiller 1966. Les statues, les parois et les plafonds furent découpés en 1042 blocs. L'opération de levage s'avéra délicate en raison de la fragilité des blocs de grès qui durent être renforcés avant d'être déplacés vers leur aire de stockage.

    Le dôme surplombant le temple- Réédification : Les temples furent remontés 65 mètres au-dessus du site initial en veillant à ce que leur orientation et leur position l'un par rapport à l'autre soient exactement les mêmes qu'à l'origine. Les blocs des façades furent mis en place et scellés à des cadres de soutien et un ouvrage de béton armé fut coulé derrière les murs intérieurs. De plus, afin de supporter le poids des collines artificielles, une structure en béton en forme de voute hémisphérique devait surplomber chaque temple (voir le schéma : découpe verticale du grand temple reconstruit).

    - Aménagement du nouveau site : Les dômes furent recouverts de plusieurs milliers de blocs de grès dans le but de restituer l'aspect des falaises originelles.

    Les travaux furent réalisés en quatre ans et demi, soit avec vingt mois d'avance sur les délais prévus. L'inauguration eut lieu le 22 septembre 1969.

    "Le 22 septembre 1969, dans le ciel d'Égypte, soufflait une brise joyeuse, celle de la victoire que nous avions remportée sur les obstacles et sur toutes les difficultés dressées devant nous. Grande était notre fierté d'avoir pu sauver d'une disparition certaine les plus beaux monuments de notre civilisation ancienne et d'avoir conservé les temples d'Abou Simbel pour l'éternité. Pour parvenir à ce résultat, les mains de toutes les parties du monde s'étaient jointes dans un geste de loyale coopération et de foi dans la valeur de la culture et dans l'importance des œuvres artistiques. Les hommes de langues, de races et de religions différentes s'étaient, dans l'enthousiasme de leur conscience, unis dans un geste de dignité et d'humanité."
    Dr Saroite Okacha (ministre égyptien de la culture en 1969)

    Sources :
    - Christiane DESROCHES NOBLECOURT, La Grande Nubiade. Le Livre de Poche n°9526, 1992.
    - Madeleine PETERS-DESTÉRACT, Abou Simbel. À la gloire de Ramsès. Éditions du Rocher, 2003.
    - Victoire en Nubie, la campagne internationale de sauvetage d'Abou Simbel, de Philae et d'autres trésors culturels. Publié sous la direction de Torgny Save-Soderbergh, traduit par Louis-A. Christophe. Unesco, 1992.
    - Le sauvetage d'Abou Simbel, sur le site Voyage en Égypte de Vincent Di Sanzo

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