Les temples de Nubie : Beit el-Ouali

Entrée du temple de Beit el-OualiLe petit hémi-spéos de Ramsès-Ouser-Maât-Rê, plus connu sous le nom de temple de Beit el-Ouali, a pu être extrait de la roche et mis à l'abri des eaux du lac Nasser en 1964 grâce à un don des États-Unis.
Par la suite, le travail d'érection sur le site de la Nouvelle Kalabsha fut totalement pris en charge par l'Égypte.

Beit el-Ouali, nom donné au monument au XIXe siècle signifie la maison du Ouali et s'inspire d'un personnage qui se serait établi dans la cour-même du temple.

Le sanctuaire, creusé dans la falaise suivant un axe est-ouest a été édifié sur l'ordre de Ramsès II, à l'époque où ce dernier était encore sous la corégence de son père, Séthi Ier (si toutefois il y a bien eu corégence, le sujet faisant toujours l'objet d'un débat).

On y pénètre par une porte très étroite, aux montants de pierre ornés de reliefs en hommage à Rê-Horakhty, donnant sur une longue cour à ciel ouvert taillée dans la falaise.

Plan du temple de Beit el-OualiL'exiguïté de la façade du temple ne permettant pas de recevoir les scènes militaires de répression et les démonstrations de force du pharaon, généralement présentes sur le pylône des temples du Nouvel Empire, celles-ci ont été déplacées. Ainsi, les parois latérales de la cour, véritable couloir de transition entre le profane et le sacré, sont recouvertes de reliefs, légèrement incisés dans la pierre, illustrant des expéditions punitives menées par Ramsès II contre les ennemis de l'Égypte.
Les victoires militaires du pharaon sur les rebelles du sud, les gens de Koush, sont représentées sur le mur sud.
Sur la paroi nord, il s'attaque à des peuplades du nord, Libyens et Syriens, avec plus de violence encore.

La façade du spéos, décorée de deux images d'Amon, est percée de trois portes s'ouvrant sur deux salles successives creusées dans la roche : le vestibule et le saint-des-saints. Lorsque les Chrétiens transformèrent le temple en église, ils taillèrent en forme d'arc le rocher surmontant la porte centrale.

Le vestibule s'étend tout en largeur et semble d'autant plus réduit que deux colonnes, montées sur une base débordante, imposent leur masse disproportionnée. De type protodoriques, creusées de vingt cannelures, elles portent chacune quatre larges bandes verticales couvertes d'inscriptions.

Dans le mur occidental, de part et d'autre de l'ouverture qui conduit à la seconde salle, des niches ont été ménagées. Dans chacune d'elles, le roi est assis entre deux divinités. À gauche, Isis et Horus siègent à ses côtés. À droite, Khnoum, le dieu potier d'Éléphantine, et Anoukis (Anuket), déesse de l'île de Séhel, encadrent le pharaon.
Niche de la seconde salleSur deux reliefs mis en parallèle de part et d'autre de la porte donnant accès au saint-des-saints, le pharaon fait des offrandes à Amon-Rê. Du côté sud, il lui présente la déesse Maât alors que du côté nord, il lui offre du vin.

Le même parallélisme se retrouve sur les parois nord et sud du vestibule. À gauche, la déesse Hathor, tenant les insignes de nombreuses fêtes-Sed, accompagne le pharaon qui offre encens et libations à l'Horus de Bouhen et à Isis, patronne de la Nubie, dont la perruque est ornée d'un scorpion. Sur le tableau de droite, c'est Anoukis qui accompagne Ramsès II présentant des vases de vin devant Khnoum et Satis (Satet), les divinités d'Éléphantine. D'autres reliefs montrent le pharaon enlacé par les divinités ou leur faisant des offrandes.

En pénétrant dans le saint-des-saints, il faut se retourner afin d'admirer deux scènes d'allaitement rituel. Au sud de la porte, Isis donne le sein au jeune pharaon alors qu'au nord, c'est Anoukis qui accorde son lait sacré à Ramsès II, soulignant ainsi son origine divine.
Tout au fond du sanctuaire, en complément des deux niches du vestibule, une triade de divinités assises, très endommagée, est sculptée dans la pierre. Si l'on peut déduire sans trop de risques d'erreur que la figure centrale représentait le pharaon, il est impossible d'identifier les divinités situées à ses côtés.

Cet ensemble religieux et guerrier est la première manifestation de la gloire de Ramsès II en Nubie.
Le roi apporte au temple diverses innovations, architecturales d'abord, à l'instar de l'ensemble des trois niches-chapelles du vestibule et du saint-des-saints.
Innovations symboliques surtout : alors qu'il exerce encore le pouvoir aux côtés de son père, Ramsès se fait pourtant représenter offrant Maât aux divinités, attribut suprême du pharaon. Il marque son désir manifeste de connaître de nombreuses fêtes-Sed et affiche sa prédilection envers Amon, le dieu étant représenté dix-sept fois dans le temple sous ses formes d'Amon-Rê et d'Amon-Min.
Enfin, Ramsès II se définit ici clairement dans son rôle de pharaon protecteur et défenseur du Double Pays et fait entrer, pour la première fois dans un temple nubien, des scènes militaires dans un lieu jusque là réservé au culte divin.


Visite du temple en images
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