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Histoire de la Nubie : La domination égyptienne

Dès le début du Nouvel Empire égyptien les pharaons vont s'employer à établir définitivement leur suprématie sur le Ouaouat et le Koush. Ils n'ont pas oublié l'alliance koushite avec les Hyksôs et savent que la région représente une menace politique et économique qui pourrait constituer un obstacle à l'hégémonie égyptienne.
Les campagnes d'Amosis, qui fait de Saï un centre important, et celles d'Amenhotep Ier repoussent la frontière plus loin que ne l'avaient fait les rois du Moyen Empire. Thoutmosis Ier contrôle la région jusqu'à la Troisième Cataracte et établit une forteresse à Tombos, à moins de trente kilomètres de Kerma où il fait placer une stèle.
Ces expéditions portent un coup très dur au royaume de Kerma qui s'éteint progressivement.

Thoutmosis II écrase la rébellion d'un chef de la région nord de Koush. Sous la corégence d'Hatchepsout et de Thoutmosis III, les tentatives de résistance koushites semblent définitivement écrasées.
Lors d'une campagne de Thoutmosis III au coeur de Koush, bien au-delà de Kerma, en l'an 47, le roi fait élever une stèle de granit dans le Djebel Barkal près de la Quatrième Cataracte. Amenhotep II fonde non loin une ville, à Napata. Ce lieu représente sans doute la limite la plus méridionale du contrôle égyptien sur la vallée du Nil.

Les constructions pharaoniques

Amenhotep III construit beaucoup en Nubie. L'ensemble le plus impressionnant est le temple de Soleb, en aval de la Troisième Cataracte, érigé à l'occasion de la célébration de la première fête-sed en l'an 30. C'est de ce sanctuaire que proviennent les sculptures monumentales de béliers et de la divinité serpent de Napata, transportées ultérieurement par un roi koushite.
À une quinzaine de kilomètres au Nord, a été construit un temple à chapiteaux hathoriques en l'honneur de la Grande Épouse Royale Tiyi. La disposition de ces deux sanctuaires préfigure l'ensemble grandiose creusé par Ramsès II plus de cent ans plus tard à Abou Simbel.

Le temple d'Abou SimbelTous les pharaons de la XVIIIe dynastie ont déployé une intense activité de bâtisseurs : les anciennes forteresses sont restaurées, de nouvelles sont construites, des comptoirs commerciaux et des cités-sanctuaires attestent de la suprématie de l'Égypte sur la région.

Sous la XIXe dynastie apparaissent les temples rupestres de Ramsès II dont les plus célèbres sont les deux spéos d'Abou Simbel. Tous ces temples obéissent aux règles traditionnelles de l'architecture égyptienne. Toutefois, l'influence nubienne transparaît : les statues colossales de Ramsès II dans les temples de Gerf Hussein ou en façade d'Abou Simbel ont des proportions plus ramassées que celles des temples égyptiens.

L'administration du pays

Peu d'informations nous sont parvenues sur les cultures nubiennes du Nouvel Empire. La Nubie est définitivement annexée à l'Égypte. Pleinement intégrée à l'administration centrale égyptienne, elle est placée sous le contrôle du "Fils royal (ou vice-roi) de Koush", haut fonctionnaire issu de l'entourage immédiat du pharaon et représentant de celui-ci en Nubie, ayant les mêmes responsabilités que le vizir en Égypte.

Les chefs indigènes de Ouaouat et, progressivement, ceux de Koush, se voient accorder un statut similaire à celui des hauts fonctionnaires égyptiens. Pour renforcer l'influence égyptienne, les jeunes princes nubiens sont envoyés à la résidence du pharaon où ils sont élevés à la manière égyptienne.

Sous la XXe dynastie, les difficultés politiques et les troubles intérieurs détournent l'Égypte de la Nubie. Au cours de la Troisième Période Intermédiaire, tout contact semble interrompu. La Nubie retrouve son indépendance.

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