2/2  

Le sauvetage des temples nubiens (II)

Sous l'impulsion de Christiane Desroches-Noblecourt et d'André Malraux, le directeur général de l'U.N.E.S.C.O., René Maheu, lançait le 8 mars 1960, un appel international invitant les États membres à s'associer au plus grand sauvetage archéologique de l'Histoire. Plus de trente nations ainsi que des donateurs anonymes participèrent au financement.

Carte détaillée du Lac NasserUne vingtaine de monuments furent démontés et réédifiés à l'abri des eaux. La plupart furent transportés sur de nouveaux sites, au niveau du lac Nasser.

Le kiosque de Kertassi, le temple de Kalabsha et celui de Beit el-Ouali furent rassemblés sur le site de la Nouvelle Kalabsha.

Les temples de Ouadi es-Seboua, de Dakka et de Maharraka furent reconstruits dans un deuxième site en plein désert, à 140 kilomètres du Haut Barrage.

Un troisième site, à 40 kilomètres au sud du précédent réunit les temples d'Amada et de Derr ainsi que la tombe de Pennout, située à l'origine à Aniba.

Les temples d'Abou Simbel furent surélevés tout près de leur premier emplacement. Le déplacement des deux temples, qui présentait des difficultés considérables, fut indubitablement une grande prouesse technique. Le sommet des collines ayant été arasé, on commença par renforcer la pierre, trop friable, dans laquelle étaient creusés les temples avant de les découper en 1036 blocs, dont certains pesaient jusqu'à 30 tonnes.
Ces blocs ayant été numérotés et stockés, on procéda ensuite à la reconstruction des monuments, en respectant leur orientation primitive et leur position respective, quelques 60 mètres plus haut, hors d'atteinte des eaux.
Chacun des temples a été protégé par une superstructure de béton voûtée, dissimulée par les collines qui ont été reconstituées. On retrouve ainsi aujourd'hui pratiquement le même paysage que jadis.

Les 49.000 blocs de grès composant l'ensemble des monuments de l'île de Philae furent rassemblés et remontés 300 mètres plus au nord sur l'île d'Agilkia remodelée à cet effet.

Village nubien avant la construction du Haut BarrageQuatre autres temples ont été offerts à différents pays donateurs et se trouvent aujourd'hui au Musée égyptien de Turin (spéos d'Ellesiya), dans un parc de Madrid (temple de Debod), à Leyde (temple de Tafa) et au Metropolitan Museum de New York (temple de Dendour).

Au Soudan, sous la direction de l'architecte berlinois Friedrich Hinkel, on effectua une prospection archéologique systématique.
Les temples de Bouhen, de Semna, construits sous Hatchepsout et Thoutmosis III, et de Koumma furent démontés, embarqués sur des camions et remontés dans le parc archéologique de Khartoum autour du musée national qui ouvrit ses portes en 1972.

Par contre, le petit temple d'Horus à el-Seboua, un des deux temples de Tafa, Gerf Hussein, le fort de Kouban (XIIe dynastie), le fort du Moyen Empire et le temple de la XVIIIe dynastie d'Aniba, ainsi qu'une partie de Kasr Ibrim ont définitivement sombré dans les eaux du Nil.

Quant aux villages nubiens aux couleurs éclatantes qui s'échelonnaient autrefois sur les rives du Nil, entre la première et la deuxième cataractes, ils furent rayés de la carte. La population (100.000 personnes) dut quitter sa terre ancestrale pour être relogée pour moitié en Egypte, près de Kom Ombo à 14 kilomètres au nord d'Assouan, et pour moitié dans le nord-est du Soudan, à Kachem el-Gouba.

2/2

Imprimer la page Moteur de recherche Site : mode d'emploi Pour m'écrire Retour à la page d'accueil Retour à la page précédente Vers la page suivante